Crans-Montana, nos plus belles adresses
Crans-Montana
Nos plus belles adresses
Mots : Servane Calmant
Photo : DR
Crans ou Montana ? Si vous croisez la princesse Léa de Belgique rue du Prado, vous êtes à Crans. Eh oui, Crans est plus chic que Montana, mais Crans-Montana se veut moins élitiste que Gstaad… Bref, dans ce haut lieu de villégiature du Valais suisse où l’air est « le plus pur » (parole d’autochtone, évidemment), on croise de nombreux compatriotes conquis par l’ensoleillement exceptionnel de la station, une offre hôtelière haut de gamme et d’excellentes tables dont celle de Bert De Rycker, un nom bien de chez nous…
Les Belges aiment bien Crans-Montana ! Hôtel, chalet de vacances, immeuble de résidence secondaire aussi (et surtout ?), ils sont partout. Difficile cependant de livrer des chiffres édifiants : les communes suisses ne lâchent aucune info, le pays ayant depuis longtemps opté pour une certaine discrétion… Une réserve qui n’empêche cependant pas une franche reconnaissance de nos talents. Ainsi LeCrans, véritable demeure seigneuriale alpine mise en scène par le décorateur belge Christophe Decarpentrie. Ainsi, Bert De Rycker, chef anversois du Rawyl, élu « Découverte de l’année 2019 » au Gault&Millau Suisse. « A Crans-Montana, station prestigieuse des Alpes suisses, on finit par oublier le stress quotidien », nous glisse à l’oreille Sylvie Misson, commerciale à Crans Montana Tourisme et Congrès, et expat belge, elle aussi ! Qui poursuit : « On a choisi pour Be Perfect des adresses d’exception qui font la réputation de la station ». Well done !
LeCrans Hôtel & Spa, le plus somptueux
Un bijou de boutique-hôtel quasi hors catégorie si ce n’est celle du palace. Situé sur les hauteurs de Crans, à 1.650 mètres d’altitude, ce premier Leading Small Hotels of the World de la station invite à cocooner dans des chambres, suites ou appartements, tournés vers les sommets et le ciel. Chaque décor est d’ailleurs inspiré de montagnes iconiques : Kilimandjaro, Annapurna, Everest, Dolomites, Anatolie,… La rotonde du bien nommé LeMontBlanc, table toquée et étoilée qui fait face aux Alpes, vaut à elle seule le détour – le midi, prix d’ami, qu’on se le dise ! On ne va pas vous mentir, réserver quelques nuits dans cette véritable demeure seigneuriale alpine, coûte une blinde. C’est le prix à payer pour une adresse réellement exclusive, mise en scène par Christophe Decarpentrie, décorateur d’intérieur bruxellois. Cet inconditionnel des lieux qui ont une âme a réussi à exalter celle de ce prestigieux hôtel, où chaque meuble et chaque objet sont des invitations aux voyages. On y a passé une nuit, un beau cadeau !
Chetzeron 2112, le plus atypique
A 2.112 mètres d’altitude, face au Cervin et au Mont-Blanc, on pose ses bagages au Chetzeron, superbe réaffectation de la gare d’arrivée de la télécabine éponyme ! Pour atteindre cet hôtel volontiers atypique, on grimpe à pied, en ski, en 4×4, ou, comme nous, en chasse-neige à chenille. A l’arrivée, waouh ! Le lobby de l’hôtel a été laissé dans les volumes de l’ancienne gare… C’est grand. C’est grandiose, surtout ! Une baie vitrée de huit mètres de haut orientée sur la chaîne des Alpes en met plein la vue. Le spectacle est fascinant, il se poursuit dans les chambres dont la déco au minimaliste assumé oriente le regard sur l’essentiel : les pistes ! Sur le toit, trône une piscine panoramique chauffée ; la cuisine homemade ultra qualitative privilégie le circuit court ; et l’hôtel bénéficie de technologies énergétiques poussées afin de réduire l’empreinte écologique au maximum. On est conquise ! D’après Sami Lamma, propriétaire et co-gérant du lieu (avec un associé bruxellois) : « une expertise Feng Shui a permis de conserver les énergies positives qui habitent l’endroit ! » On le croit sur parole, d’autant qu’au printemps, les vaches viennent aux alentours brouter paisiblement, voilà un signe qui ne trompe pas !
Crans-Ambassador, le plus élégant
Moins exclusif que LeCrans, moins atypique que le Chetzeron, LeCrans Ambassador, reste l’un des fleurons de l’hôtellerie de luxe de Crans-Montana. Un lieu mythique à la façade ultra typée, sujet d’une saga aux rebondissements chaotiques, dépôt de bilan, faillite… De l’histoire ancienne ! Aujourd’hui, ce légendaire 5 étoiles joue à nouveau dans la cour des grands et séduit par un cadre contemporain chaleureux et un luxe jamais tape-à-l’œil. Y’a pas à dire, la décontraction sied parfaitement à l’Ambassador. Un bon point rehaussé par d’autres atouts solides dont un spa de 1.300m2, le plus grand et le plus beau de la station, ceint d’une incroyable verrière qui court jusqu’au 7e étage, etdans laquelle miroitent les sommets alpins ! Spectacle garanti. Bon point encore, avec une terrasse fréquentée par les touristes et les locaux, qui offre un des plus beaux points de vie du Valais. Pour assister à l’embrassement des derniers rayons du jour, vous êtes au bon endroit !
Restaurant Le Rawyl
Allez-y les yeux fermés ! L’Anversois Bert de Rycker a été sacré « Découverte de l’année 2019 » par le Gault Millau suisse, qui lui a octroyé un 15/20. Forte personnalité, « si le client est roi, je suis l’empereur derrière mes fourneaux et chez moi ! », Bert est arrivé en Suisse il y a une dizaine d’années et ne cache pas qu’il a mis du temps à se faire accepter par les autochtones. Aujourd’hui, la table « du Belge » est l’une des plus courues ! On a goûté ses salsifis au fromage d’alpage et truffe blanche et son flan de coquilles Saint-Jacques, langoustines, Royal Belgian Caviar, sauce au gin et tisane au thym citronné. Une cuisine de produits, de traditions et de saveurs locales, qui fait l’unanimité !
L’hôtellerie éco-reponsable, on en parle !
L’hôtellerie éco-reponsable, on en parle !
Mots : Servane Calmant
Photo Cover : DR
Avoir la conscience écologique c’est bien ; agir c’est encore mieux. À l’heure où l’environnement est au cœur de nombreuses préoccupations, on ne s’étonnera pas de voir l’écotourisme séduire plus d’un touriste belge. A Loupoigne, en pleine campagne genappienne, Indrani Lodge est né de cette volonté de développer une hôtellerie écoresponsable. Panneaux solaires, chauffage par géothermie, invitation à se nourrir des récoltes du potager, incitation à débrancher la prise. Un lieu hors du temps, véritable havre de paix, qui va bientôt s’agrandir, sans renier pour autant ses valeurs…
C’est François Dekeuleneer, le Directeur général d’Indrani Lodge qui nous ouvre la porte bleue de sa ferme médiévale en carré, bornée par la Dyle et restaurée dans le respect du patrimoine. Difficile de décrire l’atmosphère qui se dégage du lieu, lequel invite presque au recueillement, au lâcher-prise à tout le moins. Se sentir bien au bon endroit, en mode Slow Life, on adopte. Dans l’adorable petite cour intérieure, l’ancienne fosse à purin est squattée par un canard. La grange a trouvé une nouvelle affectation, c’est là désormais qu’on initie le client au yoga ou qu’on s’offre un petit plouf dans la piscine… Évidemment que la Covid a joué les trouble-fêtes mais sans arriver pour autant à saper le dynamisme des proprios ! « Puisqu’il a fallu se réinventer, le chef Sebath Capela (un Jodoignois pas encore trentenaire, qui a fait ses armes chez Bon-Bon et qui a la niaque) a clôturé l’épisode pop-up gourmand d’avant-Covid pour rebondir avec de nouvelles formules. On épinglera le « Eat & Sleep », un menu 4 services à déguster non pas en chambre mais dans un salon entièrement privatisé. « Nous avons cinq chambres d’hôtes (entre 35 et 200 m2) et cinq salons, le compte est bon ! » Le « Eat & Sleep à la Maison », du lundi et mardi, invite à savourer des plats canailles ; quant à l’expérience « Pick & Taste », elle emmène le client au jardin pour choisir trois légumes et défier le chef à les intégrer au menu du soir. Les bonnes idées de François et Sebath, dont un accès privatisé à la pool, font merveille : le week-end, l’Indrani Lodge affiche complet même en cette satanée période.
Rien ne se perd, tout se recycle
Les couvertures et les couettes des chambres ? « Confectionnées avec la fibre de laine de Julien, Rico, Nestor, Johnny, Jules et Klarence, nos alpagas … » Rien ne se perd, le reste de la laine servant au paillage des rangs du potager, le bon plan pour apporter de la matière organique au sol et faire fuir les limaces… Avoir la conscience écologique c’est bien ; agir c’est encore mieux ! De l’émergence d’une conscience écologique à l’adoption d’un mode de vie davantage écoresponsable, c’est l’histoire de Philippe et Jessica Brawerman, un couple de proprios qui se partage entre la Belgique et l’Afrique du Sud. En 1996, ils rachètent la ferme, la rénovent, l’occupent en famille, avant de décider, il y a cinq ans, de la convertir en chambres d’hôtes. L’écologie, une interaction de l’homme à son environnement dont le discours s’accompagne ici d’actions collectives. « Notre jardinier Rainer Pankert a développé un potager bio en permaculture ; 90 % des plantes, fruits et condiments qui composent nos menus proviennent du jardin ». La glace au potiron, oui, elle est maison, circuit ultra-court garanti ! « Quand Sebath Capela a rejoint Indrani, il a donc relevé un sacré défi : accepter que ce soient les saisons et les récoltes du jardin qui dictent les menus … » C’est la nature qui mène la danse.
Fort de ses valeurs écologiques et citoyennes, l’Indrani Lodge a fait placer des panneaux solaires et un chauffage par géothermie pour être autonome en énergie. Et de poursuivre son développement … « Nous venons d’acheter la ferme voisine de 2.000 m2, pour y installer sept chambres supplémentaires, un centre de bien-être, et un véritable restaurant commun aux deux entités hôtelières, qui sera dirigé par Sebath Capela et sa brigade … Ouverture prévue dans le courant 2021.
Week-end à Malte
Week-end à Malte
Mots : Servane Calmant
Photos : DR
Quatre îles habitées – enfin, îles et îlots ! – et quatre petits cailloux abritent pas moins de 350 églises. Ce n’est pourtant pas pour y confesser ses péchés qu’on se rend à Malte. L’archipel maltais se profile en effet comme la destination idéale pour une escapade romantique de quelques jours. On y fait quoi ? Des pistes.
L’archipel maltais a été envahi et gouverné par les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains, les Barbares, les Byzantins, les Arabes, les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les Anglais, nos voisins français, on en oublie sans doute… Et colonisé par les plus sauvages des conquérants : les touristes ! On en veut pour preuve un littoral outrageusement défiguré par des hôtels criants de laideur. Il faut dire que les maltais ont longtemps déserté le littoral, par crainte d’être envahis par les corsaires. De ce fait, ils ont offert aux promoteurs immobiliers le champs libre pour urbaniser le face à la mer à tout-va. Bref, fuyez la côte !
2 nuits à Malte
Tous les conquérants ont laissé à Malte des traces de leur passage. Il suffit donc de se perdre dans les ruelles pentues de la capitale, La Valette, pour humer l’atmosphère qui s’en dégage. C’est la star : la pierre calcaire au ton ocre qui vire au rose, quand le soleil darde ses derniers rayons… C’est cette pierre qui façonne l’identité des constructions maltaises. Elle, et l’influence des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ! Impossible de visiter toutes les auberges laissées en héritage par les chevaliers, mais ce serait un sacrilège de zapper l’Auberge de Castille, aujourd’hui résidence administrative du Premier ministre, et la cathédrale de Saint-Jean. Attention les yeux, ce fabuleux édifice est une véritable ode au baroque : sculpture, dorure, sol marbré pavé de cénotaphes de chevaliers gravés de squelettes, et parmi tous ces trésors, un chef-d’œuvre, La Décollation de saint Jean-Baptiste de Caravage. Soyez attenti(f).ve, on y voit la signature de l’artiste dans le sang du saint …
1 nuit à l’intérieur des terres
Direction Mdina, l’ancienne capitale de Malte, et bien nommée Silent City. Moins de 300 habitants à l’année, principalement des aristocrates et des bourgeois, et près de 2,6 millions de visiteurs qui vont et viennent, sans prendre racine. La plupart immortalisent le fort Manoel, là où fut exécuté Ned Stark, le fringant gouverneur du Nord et seigneur de Winterfell… Désolée pour la digression, mais c’est bien à Mdina que les producteurs ont tourné plusieurs scènes clés de la première saison de Game of Thrones ! Dès que les touristes d’un jour ont rangé leur Smartphone, Mdina est à vous ! Passez-y la nuit ! C’est, en effet, le seul moyen d’apprécier à sa juste valeur ce véritable bijou médiéval. Le soir venu, il n’y a pas un chat dans cette ville fantôme ! On roucoule en se perdant dans le méandre des ruelles étroites… Magique. Par chance, on y a déniché un palais du 12e au charme délicieusement suranné, The Xara Palace, un cinq étoiles labellisé Relais & Châteaux, qui s’appuie sur les fortifications qui ceignent les hauteurs de la ville …
2 nuits sur l’île de Gozo, perle de la Méditerranée
Eaux cristallines, lagon bleu, criques sauvages, baies camouflées, plages cachées (hors saison – faut pas rêver !), grottes,… Gozo et Comino sont le terrain de jeu de tous les sports nautiques. Croisière d’une journée ou plus au départ de La Valette, baignade, snorkeling, plongée, canoë, paddle, wakeboard, jet ski… On teste tout, et notamment le nouveau sport aquatique tendance, le bien nommé Flyboard, pour s’envoyer dans les airs comme Franky Zapata, avant de replonger dans la mer comme un dauphin. Formulé en ces termes, le Flyboard semble acrobatique, mais il suffit de quelques minutes d’initiation, pour faire le plein de sensations !
Les bons plans
La bonne saison. Septembre pour prolonger l’été dans une Méditerranée à 28°C. Ou juin.
Se déplacer. Ne cherchez pas de rails, il n’y en a pas ! Donc pas de métro, pas de tram, pas de train. On se déplace en bus (autant le savoir : s’il est bondé, il ne s’arrête pas) ou en voiture (si la conduite à gauche ne vous affole pas). Cela dit, rien n’est jamais bien loin, Malte fait 246 km2, Gozo 67 km2 et Comino 2,7 km2. D’île en île, on oublie le ferry et sa horde de touristes, pour le speed-boat, le voilier ou le catamaran. Il y a quelques années, il était encore possible de survoler Malte en hydravion ; depuis, il est tombé en panne et, si l’on en croit notre guide, « il n’est pas prêt d’être réparé » !
Bien choisir son hôtel. Malte souffre d’un mal qui mine nombre de destinations : la prolifération des hôtels de masse qui privilégient un certain confort au détriment du charme. On a néanmoins déniché quelques perles validées par Morphée.
- A La Valette, deux superbes palazzi, boutiques hôtels haut de gamme avec un indispensable rooftop : Casa Ellul et Rosselli Ax Privilege (Grain, le restaurant du Rosselli, est fameux !), www.casaellul.com, https://rossellimalta.com
- A Gozo, pour savourer un cadre bucolique, privilégiez les anciennes fermes rénovées. Ou le Kempinski San Lawrenz, un cinq étoiles planté au milieu de nulle part qui offre un calme olympien. The Gozo Farmhouses, www.uniquegozo.com, www.kempinski-gozo.com
- A Mdina, The Xara Palace, un palais du 12e siècle un peu défraîchi mais au charme suranné certain. Membre des Relais&Châteaux. https://xarapalace.com.mt
Combler une petite faim. Le caffe Cordina, situé rue de la République, une des deux principales rues commerçantes de La Valette, est ouvert depuis 1837. Savoureuses pâtisseries locales.
Les spécialités. Le gbejna (un fromage de brebis), le lampuka (la dorade, poisson phare de la cuisine maltaise), le ragoût de lapin et le pastizzi (un en-cas à la ricotta)… On l’aura compris, on ne part pas à Malte pour y faire de bouleversantes découvertes gastronomiques.
Faire son marché. À Marsaxlokk, près du port où sont amarrées les luzzus, les bateaux de pêche traditionnels de l’île, se dresse un marché aux poissons, légumes, fromages et nappes en dentelles. Folklorique.
Office du tourisme de Malte, www.visitmalta.com, www.malta.be
Sud Lisboa by Pinto
Sud Lisboa by Pinto
Mots : Ariane Dufourny
Photos : Ana Carvalho
Le bureau d’architecture d’intérieur Pinto & Co est renommé pour la conception de projets HoReCa. En Belgique mais également au Portugal, pays natal d’Antoine Pinto. Flash sur Sud Lisboa composé de deux espaces distincts reliés par une passerelle : Sud Lisboa Terrazza et Sud Lisboa Hall unis dans une parfaite coexistence avec le Tage. Des lieux à forte personnalité à l’instar de leur concepteur !
Comment ce projet au Portugal vous a-t-il été confié ?
J’ai été remarqué grâce à l’Alcântara Café que j’ai réalisé en 1989 à Lisbonne. J’avais récupéré de vieux hangars pour en faire des espaces publics. J’avais jeté la pierre dans la marre !
En quoi consiste le complexe Sud Lisboa ?
Des anciens hangars du port de Lisbonne ont été réaffectés en espaces de loisirs pour les Lisboètes et les touristes, avec des restaurants, des cafés, des bars, des discothèques, une piste cyclable.
Le groupe Sana a racheté deux espaces distincts pour lesquels il m’a confié l’architecture intérieure, la décoration, la conception du mobilier et des luminaires. Relié par un pont, le complexe se compose, à présent, de Sud Lisboa Terrazza et Sud Lisboa Hall. Le premier propose un restaurant et une piscine, le second accueille des événements comme des soirées « fado » (chansons urbaines de Lisbonne, inscrites à par l’UNESCO au Patrimoine de l’Humanité – NDLA).
Quel est l’élément fédérateur de décoration du projet ?
Le Tage, le port. On retrouve des panneaux avec des algues, des alcôves en cuivre avec des formes très organiques mais aussi très futuristes.
SUD Lisboa Terrazza se compose de quoi précisément ?
Un restaurant méditerranéen avec des terrasses, l’escalier monte vers la piscine dotée d’un bar avec une vue sur le Tange et le pont du 25 avril. Au rez-de-chaussée, les lieux accueillent 300 couverts et deux grands bars. L’un d’eux change de couleurs comme celles de l’arc-en-ciel. La coupole, une structure de métal et de plexiglas où sont suspendus des verres, mesure plus de 3 mètres 50. Je me suis inspiré d’un tableau lumineux de Fernand Flausch, un plasticien, designer et artiste-peintre belge qui fut mon professeur de sérigraphie aux Beaux-Arts de Liège et un grand ami.
Une partie du restaurant s’ouvre complètement, j’y ai placé des plantes suspendues avec des bois d’eucalyptus croisés, équipées d’arrosages automatiques très discrets. Ce ciel de plantes est idéal lorsque le soleil tape pour donner un peu de fraîcheur !
Comment les assises et les luminaires accentuent la mise en scène ?
Dans un endroit aussi grand, il faut créer des mouvements et des hauteurs distinctes pour préserver la vue. A cet effet, j’ai dessiné les différentes assises, les tables et les consoles.
Concernant les luminaires, j’ai notamment créé des immenses bouquets d’ampoules avec des câbles de plusieurs couleurs et des soquets en laiton.
Quelle fut votre inspiration pour les escaliers de chaque concept ?
Pour celui la Terrazza, j’ai voulu donner un côté ombragé rappelant les reflets ondoyants de la piscine à l’instar du peintre Hockney. Je les ai transmis sur la tôle de l’escalier.
Celui du hall représente les vagues de la mer que j’avais dessinées d’après un carrelage que j’avais commandé. Il est découpé sur des plaques de fer au laser. Cet escalier se devait d’être plus sobre puisqu’il reçoit des décors pour chacun de ses évènements.
La vue sur la statue du Cristo Rei, qui domine la rive sud du Tage et le Pont du 25 Avril, nous emporte de Lisbonne à San Francisco et à Rio de Janeiro. Dites-nous en plus ?
Édifié sous la dictature de Salazar, la construction du pont 25 Avril (anciennement pont Salazar) est souvent comparée au Golden Gate Bridge de San Francisco par ses structures et ses couleurs. Il a été réalisé par American Bridge Company qui a construit le San Francisco-Oakland Bay Bridge. Quant au Cristo Rei, la statue est semblable à celle du Christ Rédempteur de Corcovado à Rio de Janeiro.
La piscine à débordement est déjà réputée comme la plus instagrammable de Lisbonne. The place to be ?
Pour ceux qui désirent profiter de la piscine dès le matin jusqu’à 18 heures, ils bénéficient de casiers, de chaises longues avec serviettes et de divers petits plats à grignoter. En soirée, ce « hot spot » se transforme en salon. C’est parfait pour admirer les « sunsets » tout en partageant des finger foods, des cocktails et en écoutant un DJ ou un chanteur-euse en live. La piscine à débordement apporte sa touche de glamour grâce à son changement de lumière.
Avez-vous d’autres projets architecturaux en dehors de nos frontières ?
Depuis le projet Sud Lisboa, le groupe Sana m’a confié l’architecture d’intérieur de deux restaurants, d’un couvent du XIVe siècle et deux hôtels 5 étoiles à Lisbonne ainsi qu’un hôtel 4 étoiles à Estoril et un 4 et un 5 étoiles à Casablanca.
MurmuresNamur, une suite-miroir à l’abri des regards
MurmuresNamur, une suite-miroir à l’abri des regards
Mots : Nicolas De Bruyn
Photos : MurmuresNamur
Imaginez une suite de luxe pour deux nichée au cœur du quartier de la citadelle dans une adresse tenue secrète. Un cube réfléchissant, invisible dans le paysage. Une expérience culinaire exclusive ou un repas servi en chambre afin de profiter de chaque instant. L’adresse de MurmuresNamur ? Chut ! Ne la répétez à personne !
Top de chez top ! C’est le cri du cœur lorsque nous franchissons la porte de cette suite hôtelière nichée sur les hauteurs de la Citadelle de Namur. Concernant sa localisation précise, nous vous dirons seulement qu’elle se situe dans la propriété du couple Toussaint. L’adresse précise ne vous sera révélée qu’après réservation pour conserver la confidentialité et le mystère sur la structure hôtelière 4* partenaire. Ne comptez pas sur nous vendre la mèche !
L’hôtellerie n’est pas une vocation pour Mélanie et Vincent Toussaint mais la rénovation de leur maison datant des années 50 (située en amont) a révélé en eux une attirance pour l’architecture, le design et la décoration. « Initialement, nous avions prévu de construire une cabane en bois mais nous voulions surtout une cohérence avec l’architecture de notre maison. Nous avons donc opté pour une construction plus épurée qui puisse se fondre dans la nature «, explique Mélanie Toussaint. Leurs recherches les ont amenés à découvrir « Treehotel », en Laponie Suédoise dont l’une des sept luxueuses cabanes « The Mirrocube » reflète à merveille la nature environnante. Sur cette inspiration, le couple a confié leur projet à « Magic », le bureau de l’architecte Namurois Christophe Sechehaye qui leur a réalisé un cube réfléchissant, invisible dans le paysage. « Notre cube est bardé d’Alucobond, un aluminium réfléchissant utilisé par les couvreurs, qui a demandé un travail d’orfèvre » ajoute Vincent Toussaint.
Sans vous dévoiler la touche de magie des abords, Mélanie Toussaint nous révèle qu’ils ont fait appel à une architecte de jardin et si de premier abord, l’architecture extérieure est époustouflante, nous sommes tout autant séduit par le souci du détail de la suite. Côté déco, les époux Toussaint ont, par exemple, travaillé avec « ADDC – Au détour du chemin » et fait appel à leur réseau social afin de parfaire chaque élément. « Nous communiquons essentiellement sur les visuels extérieurs mais nous restons très discrets sur l’intérieur pour que la surprise demeure », précise Vincent. Quant à nous, parce que nous savons rester discrets, nous résumerons notre impression par un seul mot générique : canon !
A deux ! Nous y sommes ! Rien de plus merveilleux pour recharger nos batteries ou se ressourcer qu’une suite hôtelière de luxe, qui pour l’heure, nous semble au milieu de nulle part. Mais notre côté pragmatique risque de refaire surface en s’écriant que nous ne pouvons vivre d’amour et d’eau fraîche. Alors qu’est-ce qu’on mange ? L’éternelle question ! « Murmures Namur » propose, notamment, en ses murs un menu gastronomique trois services lors d’une expérience culinaire exclusive dans une ambiance intime et raffinée. Et ce afin de profiter de la quiétude du lieu et de la vue panoramique sur la vallée et les chênes et hêtres centenaires. « La formule gastronomique est la plus demandée », précise Vincent Toussaint. D’ailleurs, il se chuchote et pas qu’à Namur, certaines confidences sont unanimes à ce sujet : « La formule gastronomique, c’est génial » ! Chut ! Il se susurre aussi que nous avons accès à des soins, massages et aux piscines et SPA de l’hôtel partenaire 4*.
Notre invitation à changer d’air …
Notre invitation à changer d’air …
Mots : Servane Calmant
Photos : Fred Sablon
Pour se soustraire aux aléas du quotidien et recharger les batteries, l’hôtel Indigo Brussels City a tout bon. D’abord parce que l’aménagement des chambres distille une envie d’ailleurs ; ensuite parce que la formule Party Box en chambre qui inclut un cocktail kit, amorcé par une véritable culture de bar, s’avère conviviale à souhait. Allez, osons la formule : the place-to-disconnect !
On a beau s’armer de patience, l’envie de partir est bien là. Quand pourrons-nous à nouveau voyager ? C’est la question qui fâche. Alors, on se consolera en s’évadant tout près. Nul besoin, en effet, d’aller au bout du monde pour être dépaysé. C’est bien simple, la semaine dernière, on a posé bagages à l’hôtel Indigo Brussels City (l’ancien Hilton), place Rogier. On vous l’accorde, le revêtement de dalles en béton de la place Rogier récemment liftée n’invite pas à changer d’air ! La (bonne) surprise, elle est ailleurs, intra-muros. Le label Indigo (de l’InterContinental Hotels Group) exige en effet, pour tous les hôtels de l’enseigne, une intégration directe avec l’environnement du bâtiment. Par chance, l’Indigo Brussels City se dresse à proximité du Jardin Botanique, lequel est très vite apparu comme une source d’inspiration évidente. Mieux : l’Indigo Brussels (il en existe également un à Anvers) a réussi à distiller une envie d’ailleurs, tant dans l’aménagement des chambres que des espaces communs. Le mérite en revient à une vraie scénographie de l’espace : Alina Rusenko, architecte d’intérieur pour l’agence belge Too Many Agencies, ayant réussi à imposer trois styles, tropical, végétal et floral, chaleureux et luxuriants à souhait. Avec l’arrivée du printemps, cette ode à la nature est une franche invitation à débrancher la prise et à se ressourcer.
Une parenthèse enchantée
Et si on oubliait le temps d’un weekend cette satanée Covid ? C’est qu’il faut rendre au dynamisme de l’Indigo Brussels City ce qui lui appartient, une incroyable capacité à rebondir ! Imaginez : l’Indigo a ouvert en novembre 2019, soit quelques mois avant le premier confinement. On avait alors eu l’occasion de découvrir le concept Serra, un temple gourmand de 750 m2 aux allures de jungle urbaine qui occupe le rez-de-chaussée de l’Indigo Brussels, et qui regroupe Urban Picnic, un resto Slow Food, et Garden Kitchen où le chef Pierre Balthazar s’adresse aux locavores, comprenez les clients qui apprécient une cuisine axée sur les produits saisonniers locaux.
Ces deux rendez-vous gourmands, ouverts deux mois à peine avant le début de la crise sanitaire, ont dû bien évidemment se réinventer ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les équipes de Benjamin Tenius, General manager de l’Indigo Brussels, ne sont pas restés les bras ballants face au confinement. « Nous avons réajusté notre concept de restauration, en proposant plusieurs formules à nos clients belges et étrangers (le tourisme d’affaires – nda). Afin de continuer à fournir « l’expérience Serra », nous poursuivons notre collaboration avec des producteurs locaux (le locavorisme) et proposons des « Serra Dinner Boxes » et « Party Boxes » entièrement faits maison en formule Take Away chaque vendredi et samedi, ou à consommer en chambre dans un confort douillet et 100% covid-safe. Les Party Boxes contiennent un cocktail kit avec le matériel, les instructions et même un gin belge non alcoolisé. Le matériel étant gracieusement offert par l’hôtel, rien ne vous empêche de reproduire l’expérience Indigo Hotel Brussels-City à la maison !
Besoin de vous évader ?
Besoin de vous évader ?
Namur, ville natale de Félicien Rops, Benoit Poelvoorde, Cécile de France, Nafissatou Thiam, possède un charme fou. Voici nos plus belles adresses où séjourner. Vous n’aurez qu’une seule envie, y retourner au plus vite !
La Villa Balat
Ce petit bijou de notre patrimoine est considéré comme l’une des plus belles maisons de Namur. Surplombant l’Enjambée, cette sublime maison d’hôte en bord de Meuse s’orne d’une une déco hétéroclite s’inspirant de la sensibilité et des ornements de l’Art nouveau et de l’élégance du style Art déco. Difficile de choisir parmi les trois chambres ! Celle dédiée à Anna Boch, artiste peintre et fille de la fameuse faïencerie wallonne Boch, bénéficie de la tranquillité́ du jardin. La chambre Félicien Rops possède un lit capitonné rose inspiré de l’œuvre du peintre et graveur namurois. La magnifique baignoire sur pied qui jouxte la chambre Rops suscite également bien des convoitises ! Quant à la suite Alphonse Balat, elle offre un accès direct vers la serre 1900 braquée sur la Meuse.
The Royal Snail
D’un côté la vue sur La Meuse, de l’autre le jardin de ville avec piscine ! Au pied de la citadelle, à quelques pas du casino, ce boutique hotel résolument design (en atteste sa présence au sein du label Design Hotels) est l’endroit parfait pour se remettre en forme : fitness, musculation, wellness (privatisable), massages ou pour découvrir la région à bicyclette (des vélos sont prévus à la location). C’est aussi la parfaite occasion de déguster une Houppe qui est brassée à 200 mètres de l’hôtel. Quant aux chambres, mention supérieure pour la « The 001 » et sa salle de bain entièrement vitrée. De plus, elle a un accès privatif à la piscine ! Mais la valeur ajoutée est certainement la cuisine de Carl Gillain. Suite au confinement, il a transformé le gastronomique Agathopède en La table du Royal Snail. A découvrir !
Ne5t – Maison Gersdorff
A l’abri des regards, ce boutique-hôtel 4 étoiles est situé dans un quartier résidentiel de l’imposante citadelle de Namur. Vers 1900, les Namurois venaient chercher leurs œufs dans cette ferme entourée de pâturages, de vaches, de poules, … Depuis, la ferme a été rachetée en 2002 et rénovée avec patience pendant 10 ans. Une parfaite rénovation signée par l’architecte d’intérieur Pierre Brahy, qui fait la part belle aux poutres en bois, aux murs de brique ou chaulés, aux feux ouverts dans les chambres. La déco volontairement épurée, on la doit à la propriétaire, Christine Gersdorff. Cet écrin soyeux, ouateux, intimiste à souhait, propose quatre suites et deux duplex, un espace wellNe5t pour maximum 6 personnes – l’espace peut d’ailleurs être privatisé – et, singularité de l’endroit, une restauration en suite.
MurmuresNamur
L’adresse de ce lieu insolite est un mystère ! Tout ce que nous pouvons vous en dire, c’est que cette suite hôtelière de luxe se niche au cœur du quartier de la citadelle. Construite en 2019, elle a été conçue de manière épurée et intemporelle. On vous plante le décor : une maison miroir pour deux personnes, plus exactement un cube réfléchissant, invisible dans le paysage. Il vous sera proposé un menu gastronomique trois services lors d’une expérience culinaire exclusive (dans un hôtel 4 étoiles situé à proximité. Vous avez deviné lequel ?) ou un repas en chambre afin de profiter de votre retraite et de la vue panoramique sur la vallée et les chênes et hêtres centenaires. Et si vous le souhaitez, vous pourrez également profiter du spa et des piscines de la structure hôtelière partenaire. Ne comptez pas sur nous pour vendre la mèche ! L’adresse de MurmuresNamur, vous ne la connaîtrez qu’au moment de votre réservation. Chut ? Ne la répétez à personne !
Dans ce petit coin de Riviera wallonne
Dans ce petit coin de Riviera wallonne
Mots : Servane Calmant
Photo : Louise Hubinont
Nous sommes au cœur de la vallée mosane, dans la commune d’Hastière, à Heer très exactement, sur un domaine de 17 hectares. Le groupe belge « Nouvelle Hôtellerie » vient d’y ressusciter l’ensemble hôtelier Les Sorbiers, le transformant en havre de paix (un hôtel à lire), de charme (où paresser au bord de la Meuse …), au style affirmé (la cheffe déco Véronique Mélery a l’art de mettre en scène) et à la démarche écologique (on carbure au bois). Tout ce qu’on aime !
On a rendez-vous avec Michel Vertongen, gérant (et coactionnaire, on y reviendra) des Sorbiers, pour un apéro convivial, avec vue sur la Meuse et sur une île privée classée Natura 2000. Il s’agit de l’île d’Androssart, qu’en cette belle après-midi de septembre, on aurait bien envie de rejoindre à la nage… Plouf ! « Non ! Il est interdit de se baigner et de naviguer dans cette partie de la Meuse … », nous glisse à l’oreille notre hôte. Et de rajouter : « En revanche, il y a des kayaks au bout de la propriété… ». La propriété, arpentons-la : 17 hectares en bord de Meuse accueillent le Castel (un hôtel cossu), le Palladio (une belle bâtisse annexe), un très grand gîte (pour les événements d’entreprise), une péniche amarrée (bientôt reconvertie en logement insolite), un château d’eau, une plaine de jeux, un potager, des fruitiers,… Une offre hôtelière quasi complète (il n’ y a pas de piscine, mais bientôt un sauna et un hammam) prompte à ramener les touristes, les futurs mariés ou encore les équipes à « incentiver », dans ce joli coin de Riviera wallonne…
Les Sorbiers 2020 affichent pour l’instant une mine éclatante. Il n’en a évidemment pas toujours été ainsi … Pour faire court : le Castel, ancienne propriété de vacances de la richissime famille Boël à la fin du 19e, est devenu, dans les années 60, un centre de tourisme social (le grand écart entre les deux affectations est savoureux !), géré, racheté, puis revendu par les Mutualités socialistes du Brabant en 2017. A partir de cette date, le domaine des Sorbiers n’est plus en sursis, il est à l’arrêt. C’est à ce stade du récit qu’on retrouve Michel Vertongen et ses 240 amis, et amis d’amis (d’amis, etc.) devenus les coactionnaires du groupe Nouvelle Hôtellerie – 240, vous avez bien lu !
L’esprit associatif
Le groupe « Nouvelle Hôtellerie » est déjà actif dans l’horeca, en Baie de Somme (avec Les Tourelles) et à Champéry (Plein Ciel). L’acte d’achat des Sorbiers repose d’ailleurs sur le même principe d’acquisition que les deux autres hôtels précités : aucun des 240 actionnaires (qui ne sont ni des financiers ni des professionnels de l’horeca) ne peut posséder plus de 2,7 % des actions – il n’y a donc pas d’actionnaire majoritaire. Cette précision vous paraît anecdotique ? Elle ne l’est absolument pas ! Car elle renseigne sur la mentalité de « Nouvelle Hôtellerie » qui fonctionne aux coups de cœur et aux partages des idées, sans être motivée par la seule rentabilité des projets mis en oeuvre. « L’esprit qui nous anime est récréatif, associatif et fort écologique », commente Michel Vertongen, gérant bénévole et … actionnaire.
Une adresse vraiment pas comme les autres
Pourquoi ? Parce qu’on sent la réflexion et la passion poindre derrière chaque pan du projet. Ainsi l’absence de télé, une décision motivée : « il y a tant de choses à faire ici… », et notamment se plonger dans la lecture du livre que la direction dépose sur la table de nuit et qu’il offre gracieusement à chaque convive. Ainsi le restaurant, qui propose des produits locaux achetés aux fermes voisines. Ainsi cette démarche verte et écoresponsable (« l’ADN du groupe ») qui s’exprime notamment à travers une chaudière alimentée au bois de la région, qui chauffe tous les bâtiments du domaine… Démarche écologique encore, avec un mobilier entièrement chiné, « pour lui insuffler une seconde vie », par la talentueuse cheffe déco belge Véronique Mélery, au CV long comme un générique sans fin. La déco du film « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola et de « No Time to Die », le dernier James Bond, c’est sa signature ! Aux Sorbiers, elle a opté pour le charme bohème du vintage, en mettant en scène avec élégance, pièces de brocantes, objets chinés, rotin, tonalités douces. Les Sorbiers, vous l’aurez compris, c’est notre gros coup de cœur !
Les Belges d’ailleurs, Nathalie Jonniaux-Liesenhoff : Majorque, mon amour !
Les Belges d’ailleurs, Nathalie Jonniaux-Liesenhoff : Majorque, mon amour !
Mots : Philippe Berkenbaum
Photos : The Art Signature
Installée à Palma depuis 20 ans, elle est une figure belge de la plus grande île des Baléares. Maman de quatre enfants, Nathalie a consacré sa carrière à l’organisation d’événements, de tournages publicitaires et autres activités de com’. Mais c’est son dernier-né dont elle est la plus fière : l’agence artistique The Art Signatures, créée pour promouvoir les artistes locaux aux quatre coins du monde. Tableau en 3 actes.
Acte 1 : lunes de miel
Entre Majorque et Nathalie, ce n’est pas l’histoire d’un seul, mais de plusieurs coups de cœur. Le premier remonte à son enfance, lorsqu’elle rendait visite à ses parents qui s’y étaient installés. Le deuxième l’a conduite, devenue adulte, à s’y rendre régulièrement en vacances « pour le charme et la beauté de la grande île des Baléares ». Le troisième fut décisif. Une rencontre improbable avec Tim, un jeune médecin allemand dans une gargote isolée du nord de l’île… vite sublimée en demande en mariage. Coup de foudre. Elle a dit oui !
Les premières pages du conte de fées, le jeune couple les écrit à Berlin avant de s’installer à Munich où naîtront deux filles, Morgan et Marine. Majorque reste l’écrin de leurs vacances familiales. Mais l’appel du large devient irrésistible pour ces amoureux de la mer : les Liesenhoff choisissent de s’installer à Palma, la capitale. Deux autres enfants naissent au soleil, Logan et Océane. La référence marine n’est jamais loin.
Acte 2 : des racines et des voiles
Pendant que son mari cultive l’art de la chirurgie esthétique jusqu’à ouvrir sa clinique privée, Nathalie gère ses relations publiques et sa clientèle VIP. Elle accueille régulièrement des stars comme le réalisateur britannique Guy Hamilton (plusieurs James Bond au compteur) ou la chanteuse d’un mythique groupe pop des années 70 & 80, devenue son amie mais qui tient à garder l’anonymat. On ne la nommera donc pas.
La famille s’ancre à Palma, prend racine. Tombe sous le charme d’une finca (ferme) du 19e qu’elle transforme en mas provençal au milieu des champs, sur les hauteurs de la ville, vue imprenable sur les oliviers et l’océan lointain. Chiens, chats, chevaux, couvées… La tribu s’agrandit, la ménagerie grossit, la déco s’enrichit. En chineuse avertie, Nathalie orchestre une rénovation du nid si originale qu’il s’impose comme décor pour de fréquents tournages publicitaires (Nestlé, Nutella, Rexona, L’Oréal, Coca-Cola…).
A Palma, la Marigan – de Mari(ne) et (Mor)gan – prend des allures de place to be pour de nombreux expats et son nom s’affiche bientôt en lettres d’or sur le fronton de deux autres musts du paysage local : un voilier de course et un palais privé du 19e.
En 2003, le couple acquiert en effet un fier coursier tout de bois et cordages dessiné en 1898 par le Britannique Charles Livingstone et entièrement remis à neuf. Taillé pour l’America’s Cup, il collectionne les trophées au large des Baléares et de la Côte d’Azur. Tim à la barre, Nathalie – parfois – et l’un ou l’autre enfant du couple – souvent – à la voile. Avis aux amateurs, ce sloop vintage est aujourd’hui en vente.
Acte 3 : toute la beauté du monde
Le palais, lui, fut achevé en 1803 sur ce qui deviendra la Rambla, la principale artère du centre de Palma. Dessiné par l’architecte Guillermo Torres, amateur de grands peintres et fondateur de l’Académie des Beaux-Arts locale. Devenu un hôtel de maître privé un brin décrépit, c’est dans ses murs rendus à leur lustre d’antan que les Liesenhoff installent leur clinique en 2010. « La chirurgie plastique est un art, d’accord, mais un tel lieu ne pouvait se limiter à accueillir des patients, même fortunés », sourit Nathalie. « L’idée s’est dès le début imposée de l’ouvrir au monde extérieur pour y organiser des événements en tous genres. »
Réceptions, défilés, tournages, expositions, lancements commerciaux… Le tout Palma défile à la clinique Marigan de jour comme de nuit, les uns pour se refaire une beauté, d’autres pour profiter de celle de cet endroit hors du temps. La maîtresse des lieux en profite pour enrichir son carnet d’adresses et devient l’une des figures belges de Majorque – impossible de l’accompagner en ville sans croiser quelqu’un qui la salue joyeusement dans l’une des 5 langues qu’elle pratique couramment.
Vient un jour la trouver le sculpteur majorquin renommé Joan Costa, qui lui demande d’organiser en ces murs une expo de ses œuvres. Encore un coup de foudre – « artistique s’entend », précise-t-elle. La proximité est telle que l’artiste veut faire d’elle son agent. « Un agent à l’ancienne, pas un galeriste qui se soucie surtout de la cote de son poulain »,souligne Nathalie. « Quelqu’un qui est à ses côtés dans les bons et les mauvais moments pour le soutenir, le conseiller, l’orienter, soigner son image et lui permettre d’exercer son art en ayant toujours une oreille attentive pour l’aider en cas de besoin. Même au milieu de la nuit. » Une meilleure amie, une confidente. « Et un pont entre lui et l’acheteur qui ne le connaît pas encore. »
Épilogue : au sommet de son art
Le maître en a attiré d’autres, le bagout de Nathalie a fait le reste. Ainsi a démarré sa dernière aventure. Créée voici 3 ans, son agence The Art Signatures défend aujourd’hui les intérêts de 26 artistes peintres, sculpteurs, photographes ou vidéastes originaires des Baléares, d’Espagne ou d’ailleurs. Baseline : ‘Avant-gardiste, humaniste, innovante, internationale’. Le concept est novateur puisqu’elle ne se contente pas d’organiser des expositions sur l’île et le continent – dernière en date dans la galerie du fondateur d’Art Basel Center en Suisse, en plein covid –, mais aussi des minitrips pour collectionneurs d’art.
Outre un programme axé sur la découverte des merveilles et de la gastronomie majorquine, ces visiteurs avertis bénéficient d’un accès exclusif aux ateliers d’ordinaire fermés au public. Nathalie pilotait encore récemment le mannequin et égérie de Chanel Candida Bond, qui a acheté deux œuvres à ses poulains dans l’intimité de leurs ateliers. La suite du roman reste à écrire, avec ce qu’il faut de dramatisation. Frappé par la crise sanitaire et la mise en rouge de l’Espagne et des Baléares, le monde de l’art est tétanisé et Nathalie traverse une période difficile. Mais elle garde la foi. « J’aime les artistes pour leur côté vrai, pur, souvent brut de décoffrage. Ce sont des passeurs de messages, des rêveurs qui font rêver », conclut-elle. Les siens, de rêves, restent intacts.
Ses trois adresses secrètes
- L’hôtel Bendinat
« Pour son délicieux restaurant et la vue extraordinaire, j’y vais depuis 25 ans quand je veux déstresser. »
www.hotelbendinat.es
- Gran Folies Beach Club
« Pour le cadre, l’ambiance, le resto et surtout la classe de yoga donnée par la yogi master Paula Cavalieri, petit déjeuner sain en prime. »
https://beachclubgranfolies.com/es/inicio
- Es Trenc
« La plus belle plage de Majorque, des kilomètres de sable blanc, avec le plus sympa des chiringuitos (buvettes) de l’île. Pour un cocktail de rêve au coucher du soleil. »
@chiringuitodelmedioestrenc
Villa Balat, un bijou de notre patrimoine
Villa Balat
Un bijou de notre patrimoine
Mots : Servane Calmant
Photos : Zoé Simon
Dans cette imposante demeure blanche en bord de Meuse, supposément attribuée à Alphonse Balat, l’architecte de Léopold II, trois chambres d’hôtes douillettes à souhait invitent à découvrir les univers de nos compatriotes Félicien Rops, Anna Boch et Alphonse Balat (qui, vous le verrez, suscite quelques interrogations sur les origines de la Villa). Visite guidée d’une adresse de caractère où les propriétaires ont fait de la convivialité envers le client, une exigence.
Muriel Charon nous reçoit chez elle, à la Villa Balat dont elle occupe le dernier étage. Nous sommes dans son salon à discuter des meubles qu’elle a chinés un peu partout en Wallonie, de la fresque du plafond qu’elle a dessinée elle-même, du canapé Togo en velours rose qu’elle vient d’acquérir et qu’on lui piquerait bien, du papier peint graphique doré, des nuances de vert, celui de 1900, celui de la Meuse aussi qui coule à nos pieds… La déco, délicieusement hétéroclite, s’inspire de la sensibilité et des ornements de l’Art nouveau, de l’élégance du style Art déco et parie sur un mix-and-match audacieux et chaleureux de couleurs. On se sent bien chez Muriel, tellement bien qu’on en oublierait l’interview…
Un peu de sérieux, on est ici pour travailler : parlons accueil et services, « deux notions essentielles dans notre métier. C’est trop facile pour un gérant de laisser la clé sous le paillasson à l’attention des clients, comme on le note trop souvent sur les plateformes de réservation en ligne ! », s’insurge Muriel qui revendique haut et fort le devoir pour les propriétaires de chambres d’hôtes de respecter un ensemble de mesures, dont la qualité de l’accueil. Des convictions, des exigences qu’elle met en pratique au quotidien : « je souhaite que les hôtes se sentent comme chez eux, qu’ils s’approprient l’endroit même ». S’approprier ce petit bijou de notre patrimoine, considéré comme l’une des plus belles maisons de Namur, c’est un plaisir voire un privilège !
Qui a bâti quoi ?
Alphonse Balat, l’architecte du roi Léopold II (qui a notamment construit les serres de Laeken et transformé Ciergnon en château) et mentor de Victor Horta, avait donc plutôt bon goût ! Oui, mais… La Villa Balat a été construite en 1906, or Alphonse Balat est décédé à Ixelles en 1895. Pourquoi lui attribuer la Villa Balat alors qu’il ne l’a jamais vue ? Muriel a mené sa petite enquête et nous raconte de croustillantes historiettes qui mettent en scène les nièces de Balat et ses descendants, lesquels vécurent ici jusqu’en 1920 avant de placer la Villa en location… Des anecdotes historiques ou liées à la rénovation complète de la Villa il y a quatre ans – en 6 mois, une prouesse ! -, Muriel en a des centaines à partager.
Visite des lieux. Trois chambres occupent les étages. L’une, dédiée à Anna Boch, artiste peintre et fille de la fameuse faïencerie wallonne Boch, bénéficie de la tranquillité du jardin et d’un ensoleillement dès l’après-midi. De la fenêtre de la salle de bain, on aperçoit la Citadelle et le pont de Jambes surplombant la Meuse. « C’est la chambre la plus romantique et la plus féminine de la maison », nous glisse à l’oreille Muriel. Dans la chambre Félicien Rops, des tissus satinés, du velours et un lit capitonné rose inspirés de l’œuvre du peintre et graveur namurois ; deux gravures de Rops, « La femme au trapèze » et le célèbre « enterrement wallon » donnent tout son sens à l’hommage. La magnifique baignoire sur pied qui jouxte la chambre Rops suscite également bien des convoitises ! Le clou de la visite : la suite Alphonse Balat. Elle offre un accès direct vers la serre 1900 inchangée. Braquée sur la Meuse, elle est d’une poésie inouïe – on s’émerveille.
Aucun doute, Muriel et son mari ont mis tout leur cœur dans cette maison. Tout leur talent aussi. « Je peins depuis longtemps », nous avoue Muriel en désignant un portrait acidulé de Kirsten Dunst en Marie-Antoinette de Sofia Coppola, « et j’ai également suivi une formation en restauration de tableaux pendant trois ans ». Une sensibilité artistique alimentée de cours d’histoire de l’art ont nourri l’inspiration de Muriel dans les décorations des chambres thématiques jusqu’aux moindres détails, et jusqu’à l’extérieur des murs ! Vous avez vu la fresque ? Impossible de la rater : une peinture monumentale placée sous le signe de la nature orne depuis août dernier le mur pignon de la Villa Balat. Elle est signée Démosthène Stellas, membre du collectif namurois Drash, et s’est construite autour du style Balat et du vert pastel qui caractérise si bien l’Art nouveau. Un bon conseil : empruntez l’Enjambée ! La nouvelle passerelle cyclo-piétonne qui enjambe la Meuse pour relier le centre de Namur au centre de Jambes, offre une vue frontale sur la Villa Balat et sa remarquable fresque.