La vie de château au coeur de l’Ardenne belge
La vie de château au coeur de l’Ardenne belge
Mots : Servane Calmant
Photos : Jean-Michel Byl
La restauration du Château de Mirwart, perle du patrimoine belge située dans le hameau de Mirwart à une dizaine de kilomètres de Saint-Hubert, aura pris quatre ans. Quatre ans d’efforts déployés dans le respect de l’Histoire d’un château médiéval convoité jadis par des grands seigneurs, princes-évêques, barons, ducs, puis vandalisé et finalement abandonné. Un projet fou récompensé par l’ouverture, en septembre dernier, d’un hôtel qui mise sur l’authenticité, le délassement et le luxe. Château de Mirwart abrite désormais 20 chambres dont 12 suites design ! Le public cible, on l’aura deviné …
Quand Elodie François, la Directrice générale du Château de Mirwart, nous accueille en septembre dernier, l’établissement vient tout juste d’ouvrir. « Hier, les jardiniers ont déroulé la pelouse et il faut encore déposer de beaux livres d’architecture dans chaque chambre, chaque cottage (dans les anciennes écuries du château magnifiquement restaurées également, nda) et dans nos 12 suites ! C’est que vous êtes la première journaliste à découvrir le château après quatre ans de restauration », nous glisse-t-elle à l’oreille. Qu’Elodie François et John Eyers, l’actuel propriétaire qui a acquis le château en 2015 et lui a redonné son lustre d’antan, en soient vivement remerciés !
C’est un beau roman, c’est une belle histoire…
Et elle en compte des pages, cette Histoire avec un grand H ! Un livre sur Château de Mirwart a d’ailleurs été écrit par Sara Brouckaert. On y apprend que les princes-évêques de Liège, mais aussi les comtes de Hainaut, de Flandre, de Namur, les ducs de Bouillon, et tout un arsenal d’empereurs ont bâti la grande histoire de Mirwart. Que le Château devient pour la première fois un lieu de plaisance, au 16e siècle, avec Margaret d’Arenberg. Et que Château de Mirwart a connu ensuite de nombreux propriétaires, tous plus puissants les uns que les autres : les petits-fils et arrière-petits-fils de la famille d’Arenberg, la famille de Smackers, la famille Van der Linden-d’Hooghvorst, et Hélène Von der Becke-Osterrieth, veuve de Maximilien Von der Becke, la dernière propriétaire du Château de Mirwart, avant sa vente à la province du Luxembourg en 1951 pour 90 millions de francs.
Le château sera malheureusement saccagé par des pillards, « Tout le monde voulait un morceau précieux du château et il n’y avait personne pour arrêter le pillage. Tout ce qui a de la valeur, libre ou fixe, a été pris. Même le sol, les cadres décoratifs et les lambris », raconte Sara Brouckaert. Incapable de gérer son bien, la province du Luxembourg finira par revendre le château (désormais classé) et son domaine de 9 hectares…
Un nouveau départ
Novembre 2015. L’architecte belge John Eyers est absorbé par son passe-temps favori du moment. Il écume internet, à la recherche de propriétés intéressantes. Il voit Château de Mirwart et le projet commence à voir le jour. « C’était d’abord un projet familial, j’ai acheté le château pour mes quatre fils. Puis, en me renseignant sur l’histoire du château et en commençant les fouilles qui ont permis de découvrir de nouvelles caves qui accueilleront l’espace wellness, le projet d’un hôtel haut de gamme s’est précisé… Après quatre ans de travaux et d’efforts, je peux dire que j’ai fait de Mirwart un hôtel du 21e siècle, en respectant certes les éléments historiques – les poutres sont d’époque, les fresques du salon bleu ont été restaurées -, mais en y apportant aussi et surtout du confort et du raffinement. C’est clairement un établissement haut de gamme : la superficie de nos 12 suites oscille entre 100 et 240m2 pour la suite impériale ! Chaque suite est d’ailleurs unique mais toutes offrent parquet en chêne, salle de bains en marbre et… feu ouvert. Le château donne également à voir une magnifique salle des fêtes et des salles de séminaires ultra équipées ». John Eyers est un homme heureux. Et on le comprend. Son établissement (probablement estampillé 5 étoiles, le classement était en cours à l’heure de boucler cette édition) est une véritable perle hôtelière : mobilier design, linge de maison brodé de l’initiale M, restaurant gastronomique, le Bergis, et bientôt un espace bien-être (ouverture prévue en mars prochain). « Les citernes médiévales authentiques abriteront des bains chauds et froids et un bassin d’eau salée. On aura également une piscine intérieure, qui se prolongera à l’extérieure avec vue imprenable sur la forêt », précise avec enthousiasme Elodie François.
La cuisine du chef Pajtim Bajrami
Ce Belge aux racines kosovares est une vraie star en Flandre où il s’est vu attribuer le titre de « Ontdekking van Vlaanderen » (« Découverte de Flandre »). Mais ce n’est pas là sa seule reconnaissance. Au « De Stadt van Luijck » à Saint-Trond, Pajtim Bajrami avait décroché un 16/20 au Gault&Millau. Désormais, il est aux fourneaux du Bergis à Mirwart où il excelle dans la cuisine de la mer. « Pajtim a voulu travailler avec ses fournisseurs, qui sont parmi les meilleurs, mais la carte va évidemment évoluer en fonction de la saison de la chasse », confirme Elodie François. Pour l’heure, le chef séduit avec sa langoustine à peine snackée et son thon o-toro, la partie ventrale du thon, sa plus délicate (à la criée, son prix d’achat est exorbitant), une huitre pochée au beurre blanc ou encore un crabe royal et un pigeon d’anjou. L’assiette est gourmande, créative et équilibrée à la fois, l’ambition du chef est claire : décrocher fissa une première étoile ! Prendre du plaisir aussi. Des légumes et aromates locaux sont cultivés dans le jardin qui jouxte le château, ils serviront notamment à honorer l’une ou l’autre recette manuscrite de Joséphine Tillieux, ancienne cuisinière du château ! Luxueux, Château de Mirwart défend également l’authenticité, la séduction n’en est que plus totale.
Juliana Hotel Brussels Un nouveau souffle pour les Martyrs
Juliana Hotel Brussels
Un nouveau souffle pour les Martyrs
Mots : Servane Calmant
Photos : Juliana Hotel Brussels
Le Juliana Hotel Brussels***** a élu résidence au 4 de la Place des Martyrs. Derrière l’élégance de sa façade classée, ce petit bijou d’hôtel, raffiné et singulier jusqu’au moindre papier peint exclusif, abrite une quarantaine de chambres et suites, et une brasserie haut de gamme dotée d’une vaste terrasse. De quoi raviver l’éclat d’une place qu’on avait un peu vite oubliée …
Dans les circonstances actuelles de (post-)pandémie et sur une place des Martyrs désertée par les touristes depuis belle lurette, il faut de la persévérance et surtout beaucoup d’amour pour le secteur hôtelier, pour ouvrir une maison estampillée cinq étoiles. Cet amour des belles demeures, c’est exactement ce qui anime Éric Cleton, Français établi depuis six ans chez nous, à Rhode-Saint-Genèse précisément, et propriétaire de deux hôtels à Cannes et Paris. On l’a rencontré au Juliana cet été, après une visite privée de ce nouveau fleuron de l’hôtellerie bruxelloise.
« En raison des restrictions de voyages et des mesures de confinement, l’impact de la crise sanitaire dans l’hôtellerie a été sans précédent. Et pourtant, oui, j’ose investir dans ce secteur. Qui plus est Place des Martyrs qui me fait penser, toute proportion gardée évidemment, à la Place des Vosges à Paris, et qui est un symbole central d’identité patrimoniale nationale belge, auquel je suis sensible. »
Le 4 Place des Martyrs fut longtemps un bâtiment abandonné… « Cette demeure abritait autrefois des appartements et quelques maisons privées, mais ces dernières années, c’était devenu un véritable chancre avec au sol, de la terre … De la simple terre remplacée aujourd’hui par de magnifiques dalles de pierres bleues belges », se réjouit Eugenio Manzoni, l’architecte d’intérieur et curateur d’art qui a réussi à donner vie aux belles envies d’Eric Cleton, lui-même grand passionné d’art.
Car sans flagornerie aucune adressée à Eric Cleton, il faut bien avouer que son Juliana ne ressemble à aucune autre belle demeure. Ni même au Juliana cannois ou parisien. La déco néo-classique (inspirée de la façade classée du bâtiment) réveillée de notes contemporaines raffinées, en fait une véritable demeure d’exception. Une adresse singulière, jusqu’au moindre papier peint exclusif. Chaque espace est notamment paré de sculptures, tableaux ou ornements uniques, de la collection privée du propriétaire. La tendance classique du siècle dernier se révélant sous de fines inspirations Hermès, Michel-Ange, Versace, Le Corbusier, Starck. Ainsi, l’escalier menant aux étages mérite à lui seul une pose pour admirer une mosaïque rare sur un thème de Michel-Ange et Cléopâtre et une rampe en fer forgé années 30 inspirée de Tony Duquette. Au sous-sol, un centre de bien-être avec piscine : marbre Médusa oversize, décor de fresques murales en mosaïque encore inspirées cette fois par Le Corbusier, et de pâte de verre de Murano pour habiller l’espace …
Le restaurant du Juliana ouvert à tous, résidents ou non de l’hôtel, proposera une cuisine de brasserie franco-belge raffinée, sous la direction du chef Rosa Caldarola. « Notre volonté », conclut Eric Cleton, « c’est que cet antre gourmand soit de haut vol mais jamais guidé. La convivialité de l’esprit brasserie à la belge doit primer ! Les salons, le bar et les terrasses accueilleront d’ailleurs une cuisine légère, afternoon tea ou apéritif. » Dans un esprit New Place To Be.
Douce Flandre zélandaise
Douce Flandre zélandaise
Mots : Servane Calmant
Photos : DR
Tout près de chez nous et pourtant si différente. Imaginez un littoral préservé, une plage parmi les plus belles de la mer du Nord (à Cadzand-Bad), des petits villages coquets (Groede en tête de liste), des balades à vélo sur un réseau de pistes parfaitement entretenu, des ports pittoresques … Même les phoques, peu farouches, pointent leur tête au-dessus de l’eau pour nous saluer. A quelques coups de pédale du Zoute, la Flandre zélandaise invite à prendre le temps de se détendre. Le temps d’un long week-end hors-saison, on y cultive une tendre insouciance.
La Flandre zélandaise, c’est la partie de la province néerlandaise de Zélande qui se trouve sur la rive sud de l’Escaut occidental ; jusqu’en 1814, elle appartenait à la Flandre. A l’extrême sud de cette province, à 10 kilomètres de Knokke, se dresse Cadzand-Bad, la station balnéaire la plus méridionale de la Hollande et l’une des plus belles plages de la mer du Nord voire la plus belle ! La (bonne) surprise est totale, car à quelques coups de pédale du Zoute, c’est un autre monde qui s’offre à nous ! Un monde sans aucune barre d’immeubles pour massacrer le front de mer, sans aucune boutique de luxe ni charrette de golf pour paraître. Juste le ciel, le soleil et la mer. Oh, on ne va pas se la jouer plus bohème que nous ne le sommes ; dans bobo, il y a 4 lettres ! Ca tombe bien, au sommet des dunes de Cadzand-Bad, se niche notre refuge douillet, le Blanke Top, un 4 étoiles supérieur qui déroule tout ce qu’on est en droit d’attendre de ce genre d’hôtel : parking privé, piscine intérieure, 1400 m2 de spa & wellness avec vue sur mer, un étage entier de suites, un resto gastronomique… Et un service five stars. C’est que l’hôtel appartient à la même famille depuis trois générations et Kimm et Anne-Laure de Milliano, les actuelles propriétaires, ont réussi à insuffler à leur patrimoine une âme, un style (tons sablés, mobiliers stylés), des sourires avenants et une prévenance toute naturelle. Allez-y les yeux fermés, vous ne serez pas déçu(e)s.
Quand on partait de bon matin…
A bicyclette ! Evidemment ! C’est peu de dire et d’écrire que la Zélande se découvre à vélo, une véritable institution naturelle et culturelle ! De nombreuses pistes indépendantes de la route vous invitent à découvrir la Zélande, en empruntant ses côtes ou en traversant sa campagne. Entre mer, rivière, pâturage, paysages sauvages, peupliers noirs têtards, villes portuaires (Breskens) et petits villages pleins de charme (Groede mérite une pause-bière, deux même !), la Zélande se découvre étape après étape au fil des « fiets knooppunten », son excellent réseau de points-nœuds.
Les phoques de la mer du Nord
Les phoques communs (les plus petits) et les phoques gris sont les stars de la mer du Nord ! Mais les voit-on vraiment ? L’on vous rassure : oui ! Les voir, c’est même d’une facilité déconcertante, à condition de savoir évidemment où se rendre. C’est notamment le boulot des équipes de Knokkeboat Cadzand, qui vous emmène sur un bateau pneumatique de sport à la rencontre des phoques dans leur habitat naturel, notamment sur des plateaux de sable, pas loin de Breskens, où ils paressent au soleil. Les moins farouches d’entre eux pourraient bien glisser de leur banc de sable et venir vous saluer de plus près. Un seul regret : avoir oublié nos jumelles à l’hôtel !
Nos bonnes adresses
Blanke Top à Cadzand-Bad : le point de chute idéal, face à la plus belle plage de Zélande. Prestations hôtelières irréprochables + 1400 m2 de spa & Wellness. www.blanketop.com
Zilt & Zout à Retranchement : près du Zwin, carte de type brasserie qui fait la part belle aux produits de la mer. Beaucoup d’habitués parmi la clientèle; c’est normal, l’accueil y est particulièrement sympa! https://ziltenzoutcadzand.nl
De Zeemeeuw à Retranchement : resto les pieds dans le sable. Idéal pour admirer le coucher du soleil. https://strandpaviljoendezeemeeuw.nl
De Kluiver à Breskens : excellent resto de fruits de mer, face à la marina. www.dekluiverbreskens.nl
Tout savoir sur la Flandre zélandaise, www.wezienjehiergraag.nl
Verbier, en mode slow mountain
Verbier
En mode slow mountain
Mots : Servane Calmant
Photos : DR
Pas besoin d’attendre janvier pour profiter de Verbier ! Si en hiver et au printemps, cette destination de ski premium vaut son pesant de glisse, l’été et l’automne invitent à découvrir une slow mountain radieuse, attachée à ses paysans et artisans. Rencontre au coeur de la plus cosmopolite des stations suisses, avec Isabelle, Guillaume, Catherine ou encore Eddy, de véritables passionnés du terroir valaisan.
C’est probablement l’un des plus beaux villages aux alentours de Verbier : Sarreyer, 200 âmes à l’année et autant d’amoureux du terroir valaisan. Tant, qu’il y a deux ans à peine, Isabelle Gabioud, patronne du café du Mont-Fort mais aussi productrice de plantes aromatiques et médicinales, Guillaume Besson, botaniste de terrain et cuisinier passionné (il faut les entendre parler des plantes de montagne qu’ils cultivent en altitude, récoltent fleur par fleur, feuille par feuille, pour préparer elle, des cosmétiques et des tisanes ; lui, des recettes fleuries), Raphaël Thoos, chocolatier, un couple de distillateurs (qui proposent absinthe et gin à base de plantes de montagnes) et d’autres paysans et artisans locaux ont fondé la première communauté Slow Food de Suisse. Avec les encouragements de la municipalité et de la région. Un label « Grand Entremont – Le Goût des Cimes » destiné aux produits agroalimentaires et ressources naturelles de la région, reflète d’ailleurs le dynamisme des passionnés de l’agriculture, culture et artisanat de montagne. A Sarreyer même, 200 habitants écrivions-nous supra, on ne manque d’ailleurs pas de bonnes idées : scierie et moulin sont mis à la disposition de ceux qui désirent débiter du bois, tirer farine et cidre ; quant au four à pain logé dans une ancienne laiterie, il revit au rythme d’un calendrier des cuissons. C’est journée pain ou pizza les derniers vendredis du mois. Sarreyer où le temps est suspendu et la nature préservée… « Un bon cueilleur, tu ne dois pas voir où il est passé », prévient Guillaume qui rappelle une règle importante : « prélevez uniquement ce que vous allez consommer ! » Le ton est donné. Ecogastronomie, alterconsommation, respect du terroir.
La raclette est suisse
Racleur professionnel et véritable ambassadeur de la raclette du Valais à travers le monde, Eddy Baillifard est monté à Bruxelles, auprès de l’Union européenne, pour vanter les mérites de son fromage AOP. En 2015, il a travaillé sur le stand suisse de l’expo universelle de Milan, toujours pour célébrer le fromage valaisan. Eddy, c’est un sacré personnage : chaleureux, truculent, l’accent chantant, un bon vivant intarissable sur la raclette ! Si vous lui donnez quelques heures de votre temps, ce célèbre fromager de Bagnes, profondément attaché à son canton du Valais, vous racontera l’historique du fromage fondu, les gestes précis qui garantissent le maintien des traditions, le vocabulaire spécifique du fromage à raclette (la meule, la demi-meule, le talon – le reste d’une demi-meule après raclage –, la religieuse, et le racleur, ce chef de cérémonie qui racle le fromage pour les convives …) Et à celles et ceux qui oseraient lui poser la question qui divise les Français et Suisses, il répond franco : « si l’origine de la raclette fait débat depuis des siècles, il ne fait nul doute que ce noble plat trouve ses racines sur les majestueuses cimes du Valais », parole de… Suisse ! La Raclett’House d’Eddy à Bruson (à 10 km de Verbier) est d’ailleurs un véritable sanctuaire du fromage AOP, dont la Raclette du Valais à déguster à toute heure, en est bien évidemment la reine. Ici, pour ouvrir l’appétit, on débute toujours les festivités par une planche valaisanne (viande séchée, jambon cru, saucisson, pain de seigle) avant d’attaquer la raclette. Jamais, au grand jamais, de viande en accompagnement du fromage fondu ! Pour combler le palais, on commandera une Petite Arvine, le grand vin blanc valaisan de réputation internationale. Et un génépi en fin de repas – la soirée est bonne !
Pas de fromage sans vache. Un cliché helvétique ? Ce serait oublier que la race d’Hérens a un statut très particulier. D’abord parce que c’est une vache locale, c’est en Valais qu’elle est élevée et qu’elle broute à plus de 1 000 mètres d’altitude ; ensuite parce que pour les Valaisans posséder une Hérens, c’est un véritable honneur ! « Nombreux sont les particuliers, même des hommes d’affaires, qui achètent une vache d’Hérens pour la confier à un éleveur qui l’intègre à son troupeau … », nous confie Catherine Michellod, de la ferme et buvette d’alpage du Lein, qui possède plusieurs Hérens. « Ces vaches sont différentes des autres. Elles se battent pour établir une hiérarchie. Même les veaux se chamaillent ! » Au printemps, des combats régionaux et une finale nationale sont organisés avec un titre en jeu : celui de la reine ! « Avoir une vache classée, c’est un grand moment, mais même au quotidien, la vache d’Hérens rythme notre vie – la traite, le brossage. On les chouchoute. On a d’ailleurs attribué à chacune … un prénom ! »
Carnet d’adresses
Le 22 by Le Crock no Name, notre coup de coeur
Une adresse (encore relativement) confidentielle (précipitez-vous-y !). Une table d’hôtes et une cuisine ouverte où officie Adam Bateman, ancien chef de cuisine de Sir Richard Branson et du célèbre Raymond Blanc **. Menu 100% préparé avec des produits locaux. Le patron, Pierre Leclercq, est un Belge tombé amoureux de la Suisse. Il prétend proposer du semi-gastro, croyez-nous, dans l’assiette c’est du véritable gastronomique et son 22, l’une des plus belles tables de Verbier ! Sur réservation uniquement.
L’Hôtel de Verbier ****
Le plus ancien hôtel familial de Verbier a été rénové en décembre dernier. Mood alpin dans un style épuré et cosy à souhait. 29 chambres avec balcon pour la plupart d’entre elles. Spa, salle de sport et trattoria complètent le tableau. Réservez les yeux fermés. www.hoteldeverbier.com
LES BELGES D’AILLEURS
LES BELGES D’AILLEURS
Le bonheur, ça se partage
Mots : Servane Calmant
Photos : DR
C’est à l’aube de la cinquantaine que Valérie Lardinois, Bruxelloise native de Liège, a tout quitté, bureau, ville, pays, pour s’installer à Majorque, une île qui lui a donné envie de ralentir et de s’enraciner. Elle y a lancé son propre business, Rützu, une agence qui organise des retraites de cinq jours, axées sur le bien-être, le développement personnel, le sport et la philo, qu’elle organise exclusivement sur cette île dont elle est tombée en amour…
On connaît Valérie Lardinois depuis nos années Canal+Belgique, bien avant BeTV, ça fait belle lurette donc. Elle travaillait à l’époque au Journal du cinéma. On l’a recroisée ensuite à la RTBF puis à RTL, en tant que directrice du département des acquisitions et de la programmation. Il y a deux ans, Valérie a disparu sur une île espagnole des Baléares, réputée pour ses stations balnéaires. Mais pas uniquement. Pour preuve, elle nous reçoit en août dernier chez elle, à Galilea, un petit village pittoresque de 400 habitants, situé dans la Serra de Tramuntana, une chaine de montagnes qui longe la côte nord-ouest de l’île de Majorque sur presque 100 kilomètres et qui est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son petit nid, à seulement 30 km de la capitale Palma, c’est une Finca – une vieille ferme et sa bergerie – entourée de deux hectares de terrain, qui est posée sur les hauteurs du village et semble suspendue entre mer et montagnes. « C’est beau, hein ? », nous lance-t-elle ». « Le paradis, oui ! ». Elle : « Tu comprends maintenant pourquoi j’ai tout quitté ! » …
Marre de cette vie à courir !
« Le vrai déclic », poursuit Valérie Lardinois, « ce n’est pas tant mon départ de RTL que l’impression de passer ma vie à courir tout le temps. Qui plus est, sans savoir après quoi je courais ni pourquoi j’étais toujours dans l’urgence et la performance. Il y a une dizaine d’années, des amis belges m’invitent à Majorque où ils ont acheté une résidence de vacances, et à mon grand étonnement, je découvre une île touristique certes, mais où de nombreux endroits sont encore préservés et où la nature est luxuriante. Sous le charme de l’île, j’y reviens, et j’y reviens encore, les weekends, les vacances. A chaque fois, j’ai l’impression de m’y enraciner. A Majorque, la notion du temps est différente. J’y ai appris à être à nouveau patiente, à accepter d’attendre mon tour chez le boulanger, à avoir envie d’entamer une conversation dans la file (Valérie parle espagnol et catalan)… A Bruxelles, j’en étais arrivée à bouffer le nez de tout le monde. Je me souviens de ce jour où, à Schaerbeek, place Meiser, sous une pluie battante et un ciel bas de plafond, je me suis demandée : mais Valérie, ta place est-elle vraiment ici ? »
Il y a 5 ans, Valérie Lardinois et son mari font l’acquisition d’une finca, qu’ils vont restaurer au fil des nombreux weekends qu’ils passeront sur l’île. Mais voilà que sans crier gare, arrive la pandémie… « La covid a obligé tout le monde à rester chez soi. Moi je suis restée sur cette île, dans ma finca, et j’y ai pris goût. Il y a peu, j’ai revendu ma maison à Bruxelles et fait le grand saut. Désormais, chez moi, c’est à Majorque ». Ici qu’elle reçoit ses trois fils, son petit-fils aussi.
Mais Valérie Lardinois est trop jeune et dynamique pour rester les bras ballants. Et produire du formage de chèvre, ce n’est pas vraiment son truc. « En achetant des films pour la RTBF et pour RTL, la notion de partage était au cœur de mon travail. Je ne programmais pas ce que j’aimais, mais ce qui était censé plaire aux téléspectateurs. Le partage ! Oui, ce mot a été une révélation : c’est cet amour de Majorque et l’épanouissement que provoque sa beauté, sa lumière, l’odeur de ses pins, que je souhaitais communiquer. Parce que le bonheur n’a de sens que si on le partage ! » Ainsi sont nés les séjours-retraites Rützu sur l’île de Majorque.
Des retraites haut de gamme
Rützu, c’est un business autour des retraites bien-être, sport, philo et coaching de vie. « L’adn commun, c’est de se faire du bien. Le principe même de la retraite est simple : s’isoler, se poser, se recaler sur son propre rythme. Prendre, enfin !, 5 jours pour soi. »
« Vamos a Deia ! », nous lance-t-elle. Deia, c’est ce joli village de la Serra de Tramuntana où Valérie a privatisé un monastère et où nous allons passer 5 jours à nous faire du bien ! Florence Jaupain, kinésithérapeute et instructrice Pilates belge, nous accompagne. C’est elle qui va corriger notre posture et tonifier nos muscles. Après une année à bosser sans souffler, on en a bien besoin ! Le monastère, entouré d’oliviers, affiche une déco sobre et authentique qui fait la part belle aux matériaux naturels. La piscine est réconfortante, la cuisine à base de produits locaux le plus souvent bio ultra généreuse et la table d’hôtes rieuse. Valérie est aux petits soins, bien décidée à offrir à chaque participant une parenthèse de bien-être, d’évasion, de ressourcement pour vivre l’essentiel. Elle a d’ailleurs pensé à tout, même à booster notre créativité. Elle a invité Stéphanie, une Française installée à Majorque, qu’elle a choisie pour son expertise en textile. C’est elle qui va nous initier à la peinture à la craie sur fibres naturelles. Ce n’est pas gagné, mais on a pu laisser libre cours à notre créativité !
La fin du séjour approche à regret. Valérie et Florence replient les tapis Pilates, pendant qu’on sirote notre dernier jus concombre-melon gorgé de soleil. Pour Valérie Lardinois, l’aventure Rützu se poursuit avec l’organisation de séjours sports (VTT, cycling, équitation …), philo & trekking, ainsi que des séjours personnalisés pour qui veut : « il suffit de me contacter avec une thématique précise et des dates et je m’occupe d’organiser les 5 jours de retraite sur Majorque ! ». Parole d’une vraie insulaire désormais !
Les bateaux de croisière reprennent le large
Les bateaux de croisière reprennent le large
Mots : Servane Calmant
Photos : DR
Pour All Ways, le spécialiste belge des croisières maritimes et fluviales, le 4 juillet marque le premier départ sur le Douro, avant un second appareillage pour la Croatie. Directeur Général d’All Ways Cruises, Laurent Baetens reste optimiste, d’autant que pour satisfaire sa clientèle, il peut désormais compter sur deux bateaux supplémentaires : un yacht luxueux et le bien nommé World Explorer.
All Ways est la preuve concrète qu’il existe un marché parallèle à celui des croisières réservées aux méga-paquebots ! « En effet. Tous nos navires sont à taille humaine, affichant une capacité de maximum 190 passagers, y compris en maritime. Notre public recherche des croisières plus intimistes, plus conviviales. Chez nous, il suffit de quelques jours pour que les passagers nouent des contacts entre eux … »
Prenons l’exemple du Queen Isabel, un navire luxueux catégorie 5 roses des vents, soit l’équivalent d’un 5 étoiles dans l’hôtellerie … All Ways, c’est du haut de gamme ? « Nos bateaux sont en effet estampillés 4 ou 5 roses des vents et proposent un service attentionné et de qualité en matière d’hébergement, de literie, d’espaces privés avec 100% de cabines extérieures, d’espaces communs spacieux, de restauration gastronomique savoureuse… »
Avec des petits navires, on découvre une destination autrement … « Les bateaux des croisières fluviales sont généralement petits et accostent près du centre-ville ; en croisière maritime, en revanche, une petite unité fait vraiment la différence ! Un bateau à taille humaine, qui se limite à 180 passagers, peut s’amarrer au plus près des centres d’intérêt ou des ports pittoresques et aller plus loin, par exemple, dans les fjords de Norvège là où un bateau de croisière de masse ne pourra pas se rendre… »
Votre nouveau bateau, le World Explorer est idéal pour partir à la découverte du monde… « Oui ! Il s’agit d’un navire d’expédition à taille humaine doté d’un spacieux pont d’observation et d’un salon panoramique ! Les sorties en zodiac vont permettre de partir en expédition avec des guides et tout l’équipement nécessaire, pour découvrir l’essence du Groenland, du Spitzberg ou de l’Islande… »
Vous disposez également d’un yacht ! « Le M/Y Adriatic Blue, sa première sortie était prévue en 2020, mais la covid en a décidé autrement ! C’est un véritable yacht de 18 cabines, avec un accès direct à la mer qui promet une croisière intimiste. C’est le bateau idéal pour découvrir la Croatie et sa côte merveilleuse constellée de milliers d’îles et îlots. Il sera opérationnel dès le 13 juillet 2021 ! »
Qu’est-ce qui fait la particularité et le succès d’All Ways ? « Nous proposons des croisières maritimes au départ de /ou retour vers Zeebruges. Ensuite, nos accompagnateurs qui facilitent la vie sur le bateau, préparent les excursions ou sont tout simplement présents en cas de pépin, sont belges. Enfin, nos croisières se voulant culturelles, tous les conférenciers ou intervenants sont francophones. »
Toutes les croisières All Ways vont-elles redémarrer ? « On suit évidemment l’évolution de la crise sanitaire au jour le jour. On redémarre le 4 juillet avec le Douro. Pour la Croatie, le 13 juillet. En revanche, au moment où je vous parle, en ce début juin, nous n’avons pas encore le droit de nous rendre en Russie, qui est hors Union européenne, ni de naviguer sur le Danube qui traverse huit pays dont plusieurs hors Union européenne également ! En maritime, on devrait pouvoir annoncer dès le 31 août, Ecosse-Zeebruges, ensuite Zeebruges-Bordeaux, Bordeaux-Lisbonne. En 2022, on devrait renouer avec tous nos programmes – c’est la renaissance ! (rire) – Portugal, Croatie, Russie, Danube, Allemagne, Mékong, Groenland, Islande, Panama/Costa Rica, Egypte…
Chez All Ways, est-on sensible à l’argument environnemental ? « Un bateau n’est pas écologique, on ne va pas se voiler la face, mais il peut être respectueux de l’environnement ! A la pointe de la technologie, nos nouveaux bateaux affichent une empreinte carbone réduite et sont pourvus d’un système de traitement des eaux usées. »
Quelles sont les mesures covid-friendly à bord des bateaux All Ways ? « En cette période de Covid, avoir de petits bateaux limités à moins de 200 passagers permet de mieux faire respecter les gestes barrières qu’un paquebot de 4000 passagers ! Ensuite, nous nous plions aux règles des pays de destination. Pour la croisière sur le Douro, un test PCR négatif sera évidemment obligatoire avant l’embarquement. De plus, nous allons tout scinder en deux groupes : les repas servis à table et les excursions. Le passeport vaccinal va sûrement nous permettre d’assouplir l’ensemble de ces mesures… »
Château de Courban, une adresse vraiment pas comme les autres
Château de Courban
Une adresse vraiment pas comme les autres
Mots : Servane Calmant
Photos : DR
En Bourgogne, aux portes de la Champagne, se dresse le Château de Courban, un havre de paix construit en 1830 qui distille un charme certain : p’tit village paisible, prestations hôtelières raffinées sans être guindées et table étoilée en tout point fameuse. La famille Vandendriessche, des Flamands de Lille, ont en effet ouvert les portes de leur château à un chef japonais qui met en valeur les produits du terroir bourguignon avec le raffinement propre aux cuisiniers nippons. Vous qui cherchez une toute belle adresse à moins de cinq heures de route de Bruxelles, vous en tenez une !
On rencontre le chef Takashi Kinoshita à la fin de son service, pour féliciter une cuisine de haut vol qu’il orchestre sur le bout des baguettes : macaron salé et sa moutarde d’estragon, foie gras de canard riz vénéré et salade de wakamé, veau de l’Aube et truffe d’été, pêche plate rhubarbe du potager crème d’Anjou et shiso vert. Et ces blinis façon gaufres aux lentilles mousse légère de Brillat-Savarin et caviar français – mais quel régal ! Pas de plats japonais à cette table d’exception, mais une gastronomie française au dressage calibré, à l’inventivité franche et aux saveurs subtiles de là-bas. Takashi Kinoshita a appris le métier à Tokyo, au sein de la prestigieuse école Oda Gakuen avant d’intégrer les cuisines du palais de l’Elysée et celles du Moulin à huile à Vaison-la-Romaine.
Du Japon, Takashi Kinoshita a conservé cet art de recevoir, une tradition, un enseignement, qui ne s’oublie pas. Pas question de faire l’interview le palais asséché, le chef débouche une bouteille de Shichihonyari, un saké mousseux doux comme un nuage, à la fraicheur réconfortante. Son épouse, elle aussi cuisinière, vient nous rejoindre. On parle gastronomie évidemment, famille aussi. Takashi vit à Courban avec ses cinq enfants, sa nouvelle vie, elle est ici. Et l’homme d’être à jamais reconnaissant aux frères Vandendriessche qui l’ont invité au Château de Courban en 2015, afin obtenir une étoile pour leur restaurant gastronomique. Takashi Kinoshita rêvait de tenir sa cuisine, il a fait plus que ça en séduisant le Gault & Millau qui le couronne «jeune talent», puis le guide Michelin qui lui accorde sa première étoile en 2018. Et le chef n’a pas l’intention d’en rester là … A la course à la 2e étoile, Takashi devrait se révéler un excellent sprinter !
La table, on l’aura compris, c’est l’inconstestable atout du Château de Courban, mais pas seulement. Frédéric Vandendriessche sait y faire pour recevoir ses hôtes dans son havre de paix décoré avec bon goût. Faut dire que les Vandendriessche, des Flamands de Lille, étaient décorateurs et que leurs fils, Jérôme et Frédéric qui gèrent désormais le domaine avec leurs épouses, ont développé un même goût exquis. Ainsi, pas une seule des 24 chambres ne ressemble à une autre, c’est dire si au Château de Courban on est à mille lieues de l’offre des hôtels de chaîne. Au contraire, l’esprit du lieu incite à se sentir comme chez soi, en profitant au maximum des nombreux atouts de l’endroit. Autant d’invitations à errer dans la roseraie, à choisir un bon livre dans la bibliothèque, à lézarder au bord de la piscine chauffée ou encore à réserver un soin Nuxe Paris pour lâcher prise en cabine duo. Et pour celles et ceux qui se sentiraient un peu à l’étroit à Courban, adorable petit village certes mais fort paisible, qu’ils sachent que l’hôtel est un point de départ idéal pour visiter l’incontournable Abbaye cistercienne de Fontenay, non loin, ou encore pour se promener dans Celles-sur-Ource, village aux quarante maisons de champagne…
THE GUIDE of Namur
THE GUIDE of Namur
Mots : Ariane Dufourny
Photos : DR
Namur, ville natale de Félicien Rops, Benoit Poelvoorde, Cécile de France, Nafissatou Thiam, possède un charme fou. Ses ruelles pittoresques en pavés, sa situation entre la Meuse et la Sambre, sa citadelle, ses adresses trendy. La capitale de la Wallonie est une ville tellement attachante par sa douceur de vivre, qu’elle ne pourra que vous séduire ! Autant pour sa beauté que pour la sympathie des Namurois, on n’a qu’une seule envie… y retourner au plus vite !
WHERE TO STAY ?

Surplombant l’Enjambée La Villa Balat
Ce petit bijou de notre patrimoine est considéré comme l’une des plus belles maisons de Namur. Surplombant l’Enjambée, cette sublime maison d’hôtes en bord de Meuse se pare d’une déco hétéroclite s’inspirant de la sensibilité et des ornements de l’Art nouveau et de l’élégance du style Art déco. Difficile de choisir parmi les trois chambres ! Celle dédiée à Anna Boch, artiste peintre et fille de la fameuse faïencerie wallonne Boch, bénéficie de la tranquillité du jardin. La chambre Félicien Rops possède un lit capitonné rose inspiré de l’œuvre du peintre et graveur namurois. La magnifique baignoire sur pied qui jouxte la chambre Rops suscite également bien des convoitises ! Quant à la suite Alphonse Balat, elle offre un accès direct vers la serre 1900 braquée sur la Meuse.
The Royal Snail
D’un côté la vue sur La Meuse, de l’autre le jardin de ville avec piscine ! Au pied de la citadelle, à quelques pas du casino, ce boutique hotel résolument design (en atteste sa présence au sein du label Design Hotels) est l’endroit parfait pour se remettre en forme (fitness, musculation, wellness privatisable, massages) ou pour découvrir la région à bicyclette (des vélos sont prévus à la location). C’est aussi la parfaite occasion de dégu- ster une Houppe qui est brassée à 200 mètres de l’hôtel. Quant aux chambres, mention supérieure pour la «The 001 » et sa salle de bain entièrement vitrée. De plus, elle a un accès privatif à la piscine ! Mais la valeur ajoutée est certainement la cuisine de Carl Gillain. Suite au confinement, il a transformé le gastronomique Agathopède en La Table du Royal Snail. A découvrir !


Dans un lieu tenu secret MurmuresNamur
L’adresse de ce lieu insolite est un mystère ! Tout ce que nous pouvons vous en dire, c’est que cette suite hôtelière de luxe se niche au cœur du quartier de la citadelle. Construite en 2019, elle a été conçue de manière épurée et intemporelle. On vous plante le décor : une maison miroir pour deux personnes, plus exactement un cube réfléchissant, invisible dans le paysage. Il vous sera proposé un menu gastronomique trois services lors d’une expé- rience culinaire exclusive (dans un hôtel 4 étoiles situé à proximité. Vous avez deviné lequel ?) ou un repas e chambre afin de profiter de votre retraite et de la vue panoramique sur la vallée et les chênes et hêtres centenaires. Et si vous le souhaitez, vous pourrez également profiter du spa et des piscines de la structure hôtelière partenaire. Ne comptez pas sur nous pour vendre la mèche! L’adresse de MurmuresNamur, vous ne la connaîtrez qu’au moment de votre réservation. Chut ? Ne la répétez à personne !
Sur les hauteurs de Namur Ne5t – Maison Gersdorff
A l’abri des regards, ce boutique-hôtel 4 étoiles est situé dans un quartier résidentiel de l’imposante cita- delle de Namur. Vers 1900, les Namurois venaient chercher leurs œufs dans cette ferme entourée de pâturages, de vaches, de poules,… Depuis, la ferme a été rachetée en 2002 et rénovée avec patience pen- dant 10 ans. Une parfaite rénovation signée par l’architecte d’intérieur Pierre Brahy, qui fait la part belle aux poutres en bois, aux murs de brique ou chaulés, aux feux ouverts dans les chambres. La déco volontairement épurée, on la doit à la propriétaire, Christine Gersdorff. Cet écrin soyeux, ouateux, intimiste à souhait, propose quatre suites et deux duplex, un espace wellNe5t pour maximum 6 personnes – l’espace peut d’ailleurs être privatisé – et, singularité de l’en- droit, une restauration en suite.

WHERE TO EAT ?

Brasserie François
Trônant sur la Place Saint-Aubain dans un immeuble de caractère construit au 19e siècle, c’est assurément l’institution namuroise. Elle a été reprise en 2010 par de nouveaux patrons, dont François Crets (bien connu pour avoir dirigé La Bruxelloise à Namur). Cette brasserie à la parisienne propose une cuisine tradi- tionnelle qui privilégie les producteurs locaux. Fondus au fromage d’Orval, pavé de bœuf de la boucherie de la ferme de Pondrôme, tout est parfaitement concocté et servi avec une gentillesse remarquable.
Brasserie du Quai
Au pied du pont du Luxembourg, cette magnifique brasserie contemporaine aux grandes baies vitrées offre une vue imprenable sur la Meuse. Sa terrasse chauffée, face à son banc d’écailler (une référence en la matière !) nous permet de profiter à l’envi du décor enchanteur. Côté cuisine, Michel Grenier propose un menu gastronomique et des plats typiques de bras- serie. Entre l’américain préparé haché minute et le tartare de bœuf à préparer soi-même, notre cœur balance !


La Table du Royal Snail
Carl Gillain, suite au confinement, a transformé le gastronomique Agathopède en La Table du Royal Snail, résolument conviviale et bistronomique. De quoi vous mettre en appétit : poêlée de girolles et mousserons, coulis d’herbes fraîches et œuf de ferme ; holstein fumée, figues et burrata ou encore lieu jaune au fenouil et écume de homard.
Les Potes au Feu
Nous tenons cette nouvelle adresse namuroise d’un amoureux de la bonne cuisine. Au pied de la Citadelle, il nous invite à découvrir ce restaurant bistronomique créé par deux potes passionnés : Damien Gorjanec (ex-chef du Comptoir de l’Eau vive) et François Schepens (ex Plage d’Amée). Nous craquons sur la salade d’artichaut, rillette de sardines, sésame. Confidence pour confidence, Pierre Résimont, le chef doublement étoilé de l’Eau Vive, vient régulièrement y manger un bout !
WHAT TO DO ?

La Citadelle de Namur
On prend de la hauteur à la Citadelle appelée « La termitière de Namur » par Napoléon, en raison de ses nombreux souterrains. Haute perchée entre la Sambre et la Meuse, elle est l’une des plus grandes citadelles d’Europe. Un joyau d’architecture militaire qu’on doit notamment à Vauban, l’homme de confiance du Roi Soleil. A son sommet, on contemple la vue… elle est époustouflante ! En contrebas, on admire la statue Searching of Utopia de l’artiste anversois Jean Fabre : une tortue monumentale en bronze chevauchée par un personnage qui n’est autre qu’une représentation de l’artiste. www.citadelle.namur.be
Toujours en hauteur, direction le Beffroi de Namur (haut de plus de 20 mètres), également appelé Tour Saint-Jacques. Un remarquable témoin de l’architecture militaire du XIVe siècle inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO à contempler rue du Beffroi !
On visite le Delta redessiné par l’architecte et ingénieur Philippe Samyn. 6000 m2 consacrés à l’art et la culture, avec plusieurs salles d’expositions, de spectacles, un espace de lecture et une terrasse ouverte. Incontesta- blement l’un des plus beaux endroits de Namur. On en profite pour faire une pause-déjeuner à La Table de Demain. www.ledelta.be – www.latablededemain.be
On explore le musée Félicien Rops (sur réservation). Peintures, dont le célèbre Pornokratès appelé aussi « La Dame au cochon », gravures et lettres de l’artiste belge du 19e siècle. En outre, l’exposition « Adjugé ! », sur les artistes et le marché de l’art en Belgique, se tiendra jusqu’au 3 janvier 2021. www.museerops.be
On se balade dans le vieux Namur. On remonte dans le passé dans ces vieux quartiers piétonniers où s’affichent des richesses architecturales, des boutiques et des terrasses aussi accueillantes que le sont les Namurois.
On prend son temps comme les Namurois réputés pour leur lenteur. En témoignent, Place d’Armes, les sculptures de Suzanne Godard représentant des personnages imaginés par le Namurois Jean Legrand : Djoseph et Francwès surveillant leurs escargots, symboles de Namur.
On enjambe la Meuse. L’enjambée est une passerelle cyclo-piétonne qui relie Jambes au Grognon, le cœur historique de Namur.
On savoure une glace au Glacetronome au bout de l’Enjambée, côté Jambes ! Des glaces au lait cru de ferme, fruits frais ou chocolat bio ! On craque pour celle au caramel beurre salé ! www.glacetronome.be

ON FAIT DU SHOPPING. AT’N’AISE
La Fabrique
Les Brabançons wallons connaissent forcément cette magnifique enseigne puisqu’elle siège également à Lasne. Ce concept store dédié aux tendances casual & chic est destiné aux hommes amateurs de style et d’élégance.
JAGGS
La jeune marque belge de costumes et chemises sur mesure, mais aussi de jeans et chinos et, bientôt, de maille également sur mesure, a le vent en poupe ! La maison- mère située à Waterloo a choisi Namur pour sa deuxième boutique. A la tête de cette enseigne, Alexandre Hames, le boss, y prône une élégance décontractée.
Mama is cool
A la tête de cette boutique installée au cœur du pié- tonnier namurois, Laure et Céline. Les deux amies ont créé un concept dans l’esprit conseil-client et ce dans une ambiance cocoon. Et si Mama is cool, elle s’adresse aux femmes actives à la recherche de mar- ques très minimalistes.
Henin
Anne et Gilles nous accueillent dans un tout nouvel écrin où les collections féminines et masculines les plus tendances côtoient des accessoires et des parfums. Et qu’importe qu’elle soit à Ciney. Faut dire qu’Henin fait partie des adresses incontournables de Belgique depuis plus de 60 ans !
Comporta, où couler des jours tranquilles
Comporta, où couler des jours tranquilles
Mots : Servane Calmant
Photos : Frédérique Ducout
C’est un endroit qui ressemble au Cap-Ferret des années 70. Et c’est joli. Et le temps dure longtemps. Car à Comporta, micro-village portugais laissé dans son jus, flanqué d’une bande côtière magnifiquement préservée, on se la coule plutôt douce. « Ne cherchez pas à trouver ici un St-Trop’ de l’Atlantique ! » Miguel Câncio Martins, enfant du pays et architecte des nuits parisiennes et internationales, sait de quoi il parle. C’est lui le propriétaire du sublime Quinta da Comporta, sans conteste le plus luxueux éco-resort de l’Alentejo authentique, petit coin de paradis suspendu entre océan et rizières …
Nous : « C’est donc ici que les stars trouvent refuge ? On est loin du m’as-tu-vu tropézien ! »
Lui : « Tant mieux ! J’adore St-Tropez mais Comporta distille une tout autre atmosphère, internationale certes, bohème aussi, chic oui, mais également rurale, rustique, authentique. L’authenticité, le maître mot de l’Alentejo ».
Lui, c’est Miguel Câncio Martins, noctambule avéré et architecte mondialement connu des Buddha-Bar et Man-Ray parisiens, du Pacha Marrakech, de l’Opium London, du Bullionaire en Sardaigne, … La liste est longue comme un ruban de plages sans fin. Avant de s’installer à Lisbonne, Miguel a étudié l’architecture à Saint-Luc à Bruxelles, a résidé à Uccle, y a ouvert un bureau d’architecte spécialisé dans la conception de lieux publics et d’ambiances, a voyagé aux quatre coins du globe avant de s’amouracher de Comporta où enfant, il venait en vacances avec ses parents. Et Miguel n’est pas le seul à aimer la région ni à s’émerveiller devant d’anciennes cabanes de pêcheurs restaurées. « Philippe Starck y a un pied-à-terre, Christian Louboutin y réside incognito, Pierre Hermé est passé nous dire bonjour la semaine dernière… » On dit aussi que Madonna y a son nid. Aucun doute, Comporta est devenu un refuge pour nantis ; pourtant, ce petit village rustique est tout sauf … snob. Un miracle ?
A l’extrême ouest de l’Alentejo
Dans cette région agricole bordée par l’Atlantique, à l’extrême ouest de l’Alentejo, à moins d’une heure trente de Lisbonne, ce sont des plages interminables de sable blanc, des pinèdes paisibles, de jolies fermettes blanches, une Route des vins ou encore des rizières peuplées de cigognes qui s’étirent à perte de vue, en aucun cas un chapelet de boîtes de nuit. Par chance, la région de Comporta fait partie du réseau européen Natura 2000 pour les espaces protégés, et ses dunes labellisées réserve écologique nationale (REN) ont de quoi décourager toute velléité de chantier de construction ! Quant au village de Comporta, parlons-en, plus rustique que ça, y’a pas ! Une rue principale, quelques boutiques, deux, trois restaurants, une Maison de la culture locale aussi. Un peu à l’écart du village, le domaine Herdade da Comporta où visiter les chais et déguster du vin qui s’autorise une foule de cépages autochtones…
Face aux rizières
C’est dans ce cadre rural, face à de grands champs de riz maintenus verts par une multitude de canaux d’irrigation, que se dresse le plus beau éco-resort de la région, la Quinta da Comporta. Son propriétaire ? L’architecte Miguel Câncio Martins. « Nous sommes sur un vaste domaine agricole qui appartenait à la famille Espírito Santo, une dynastie de banquiers portugais qui a fait faillite en 2014. Vous voyez la réception ? Elle occupe un bâtiment jadis dévolu aux ouvrières des rizières. Les entrepôts de riz ainsi que deux anciennes fermes ont été démolis puis reconstruits à l’identique de manière écologique. Les matériaux proviennent de la région, la déco à base de canisse, corde, feuilles de jonc, paille tressée, a été créée par des artisans locaux, une partie des légumes et des herbes aromatiques qui alimentent le restaurant proviennent de notre potager, pour le spa, j’ai fait créer une ligne de soins à base de riz, Oryza Spa, après avoir lu que les grains de riz avaient des propriétés anti-oxydantes… Je me suis investi dans la Quinta da Comporta comme si c’était mon propre chez moi… » Et le résultat est un véritable havre de paix qui devrait le rester : « Je n’envisage pas d’agrandir les 73 chambres, suites et villas, mais je vais construire un coin pour les enfants avec une piscine à leur seule attention, afin de réserver le bassin de nage à débordement à leurs parents ! » Excellente idée ! « N’est-ce pas ? » Miguel ne peut s’empêcher de rire. « Sauvegardons la quiétude de la Quinta da Comporta, même si l’endroit se prête à merveille à des vacances en famille. Et en couple. J’ai des résidents qui, depuis le confinement, y vivent à l’année ! Vous avez faim ? Nous irons manger les pieds dans le sable, au restaurant Sal, notre partenaire, l’endroit idéal pour un long déjeuner d’été. On s’y rend à vélo ? Ici tout le monde circule à vélo… ou à cheval ! »
Ces Belges d’ailleurs, Thomas Verwacht, Hasta la revolucion, siempre !
Ces Belges d’ailleurs,
Thomas Verwacht,
Hasta la revolucion, siempre !
Mots : Philippe Berkenbaum
Photo : DR
Depuis 25 ans, cet architecte de formation vit une relation passionnelle avec Cuba. Il en a épousé l’ambiance, la culture… et une ressortissante. Avant d’y développer une collection de boutiques-hôtels de charme qui révolutionne les codes de l’hébergement local. Au cœur de ses préoccupations, toujours : l’humain, auquel il réserve une place de choix dans tous ses projets. Y compris en termes d’accueil.
En voyage à Cuba quelques semaines avant que le coronavirus ne nous tombe sur la tête, j’ai déniché un endroit improbable, peut-être le plus éclectique et animé de La Havane. Melting-pot culturel imaginé par un collectif d’artistes indépendants dans une ancienne usine électrique désaffectée prêtée par les autorités, la Fabrica de Arte Cubana – FAC pour les aficionados – rassemble sur quatre niveaux des salles d’exposition, un incubateur pour jeunes créateurs, des salles de concerts et de projection, des bars et restaurants, des boutiques d’artisanat, une discothèque, des cours de danse… Le public est aussi bigarré que la programmation, l’ambiance électrique en fin de semaine. Les Havanais branchés y ont trouvé leur temple. Et les touristes un must bouillonnant.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’un compatriote figurait parmi les chevilles ouvrières de cette chapelle de l’art moderne local. Mieux : que Thomas et moi nous (re)connaissions ! Vingt ans s’étaient écoulés depuis notre première rencontre dans la capitale cubaine, au tournant du millénaire. Il m’avait gracieusement servi de guide pour un reportage sur les 40 ans de la révolution castriste. J’étais rentré fasciné par ce pays joyeux mais tourmenté, aussi soudé derrière son idéal égalitaire que broyé par un régime autoritaire. Thomas y était resté. Il avait entrevu les premiers bourgeons d’un printemps d’ouverture qui n’en finit pas – hélas ! – d’hésiter à fleurir.
Conquistador du renouveau
Jeune architecte à peine diplômé dans les années 1990, Thomas Verwacht rêvait d’aventure, d’évasion, d’herbe plus verte ailleurs. Un Erasmus à Barcelone lui avait enseigné assez d’espagnol pour choisir une destination hispanophone, ce fut Cuba. « J’avais hésité avec le Mexique », se souvient-il. Mais l’île aux deux visages exerçait alors une fascination plus irrésistible. D’autant qu’à l’époque, confronté à l’embargo américain et privé du soutien massif d’une URSS qui avait cessé d’exister, le régime de Fidel Castro commençait à lâcher du lest, pour permettre à une population asphyxiée de trouver de nouvelles sources de revenus. Et d’espérer un avenir moins misérable.
Du bout des lèvres, les Cubains furent autorisés à entreprendre certaines activités privées dans le commerce, le tourisme, la restauration. Ainsi sont nées les premières casas particulares (chambres d’hôtes) et les premiers paladares (tables d’hôtes à l’origine, restaurants privés aujourd’hui), deux formes d’accueil qui pullulent désormais sur l’île et dans lesquelles s’est largement investi notre Cubain d’adoption – mais n’anticipons pas. A son arrivée, le jeune Belge eut l’heureuse opportunité de rejoindre l’équipe d’Eusebio Leal, l’Historiador de La Havane, l’homme chargé par les autorités de piloter la revitalisation de Habana Vieja, le centre-ville historique. Une sorte de maître architecte municipal, dirions-nous en Belgique. « Cela m’a permis d’obtenir un permis de résidence et de m’immerger dans l’histoire et la culture locales », évoque Thomas en célébrant la mémoire de son ancien mentor. L’homme est décédé l’an dernier, alors que la capitale cubaine brillait de mille feux pour célébrer son 500e anniversaire…
« J’ai travaillé à ses côtés à la rénovation de pans entiers de quartiers de la vieille ville. Il y avait tout à faire. C’était d’autant plus exaltant qu’il s’agissait de redonner du lustre à d’anciens bâtiments coloniaux en ruines pour promouvoir le tourisme tout en maintenant le tissu social urbain. » Contrairement à tant de capitales au centre aseptisé, le cœur de La Havane bat au rythme des habitants issus des couches populaires. Magie des fins de journées où les familles s’installent sur les trottoirs pour profiter de la fraîcheur extérieure en papotant, en jouant de la musique, aux cartes ou aux dominos. Sur le seuil de maisons décrépites parfois coincées entre un hôtel 5 étoiles, un palais à la splendeur retrouvée et l’un des bars où Ernest Hemingway venait enfiler ses cocktails préférés – daiquiris et mojitos, essentiellement.
La cabane du pêcheur
Tombé sous le charme de ce pays hors norme, Thomas y a rencontré sa femme. Mais il n’y est pas toujours resté. La situation chaotique et les nombreux obstacles dressés aux investisseurs étrangers, même progressivement tolérés, y rendaient le travail difficile. « Je suis revenu en Belgique, parti deux ans au Vietnam mais j’y retournais souvent. Le fil ne s’est jamais rompu. » Il s’y fixe finalement en 2011, achète une petite maison familiale à Trinidad, la plus vivante des anciennes cités coloniales de l’île. Avec l’idée d’y ouvrir ses premières chambres d’hôtes. C’est sa façon à lui de participer à la revitalisation du patrimoine immobilier cubain.
Depuis quelques années, Thomas prête ses talents à la transformation d’immeubles défraichis en maisons d’hôtes et boutique hôtels de charme. Certains pour lui-même, d’autres pour des amis, des voisins ou d’autres investisseurs séduits par son approche visant « le luxe dans la simplicité ». Toujours dans le respect de la culture et de l’architecture locales, en combinant avec art de nombreux matériaux de récupération, tous ses projets font la part belle au savoir-faire cubain. Ils forment aujourd’hui une collection d’une dizaine d’adresses exclusives sous la marque Estampa Collection (https://estampacollection.com). Elles sont situées à La Havane et dans d’autres villes-phares comme Cienfuegos, Vinales ou Santiago, outre Trinidad.
Et si la crise du covid en a ralenti le développement – Cuba ayant notamment fermé ses frontières pendant plusieurs mois, Thomas s’est retrouvé coincé en Belgique –, le projet repart cette année de plus belle. Avec l’ouverture d’un premier restaurant de spécialités régionales dans la splendide Reserva Vedado, au cœur d’un quartier résidentiel et branché de la capitale. Et avec celle, très bientôt, d’une « cabane de pêcheurs » de rêve isolée sur une plage privée de Baracoa, toute en bois et au bord de l’eau.
L’architecte est devenu hôtelier, mais il a gardé sa ligne de conduite : toujours rester à la taille et au service de l’humain. Dans chacune de ses maisons d’hôtes, il met à l’honneur un métier ou un artisan local. De quoi leur offrir une belle audience tout en proposant à ses invités « une expérience liée à différentes thématiques et un contact avec la réalité de la vie des Cubains ». N’est-ce pas ce que devraient rechercher avant tout les visiteurs étrangers ?
Ses trois adresses secrètes
- Le restaurant el Cuajani
Au cœur de la vallée de Vinales, entre les mogotes – ces rochers karstiques caractéristiques du nord de l’île –, Jose a installé son potager-restaurant dans une maisonnette en bois sans prétention. Passez y gouter ses salades et autres spécialités, en écoutant ses anecdotes ronchono-philosophiques.
www.facebook.com/restauranteelcuajani/
- Une plage en plein cœur de La Havane
Bien cachée derrière un palais en ruine, accessible à pied ou en scooter. Rien que pour vous ou presque, en dehors des mois d’été. Une jeune équipe a installé un club de paddle, planche à voile et plongée.
- La Bombilla Verde
Un bar concert qui garde l’aspect cru estampillé 100% pur jus. Peu de chances d’y voir débarquer un car de touristes, on est ici entre Cubains. Petite restauration, concerts de trova (chant et guitare).
www.facebook.com/lacasadelabombillaverde/