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Clotilde Ancarani épate la galerie

Tantôt sculptrice, tantôt peintre, Clotilde Ancarani est avant tout une artiste bruxelloise dont le talent ne cesse de se décliner, en ce compris sur de magnifiques pièces de mobilier. Si vous ne la connaissez pas encore, l’occasion vous est offerte de la découvrir lors de l’exposition qui lui est consacrée chez Arthus Gallery, Place du Châtelain, dès ce 1er octobre. En attendant, elle nous ouvre les portes de son splendide atelier, à un jet de pierre de l’ULB.


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Marc Corbiau

Il aime la matérialité, pourvu qu’elle ne soit pas arrogante ! Il aime la lumière, à condition de la sculpter. S’il construit des murs harmonieux, c’est avant tout pour que l’art s’expose, explose ! Rencontre avec Marc Corbiau, chef de file de l’architecture belge contemporaine, architecte préféré des collectionneurs d’art, lui-même grand amateur d’art contemporain.

« Aujourd’hui, de nombreux architectes jouent avec les matériaux et créent des collisions visuelles. La matérialité doit être présente, pas arrogante ! »


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Les multiples facettes de Charles Kaisin

Il expérimente l’espace, les formes et les matières. Il aime profondément l’humain, qu’il ambitionne de surprendre en l’invitant à vivre des expériences uniques. Il a réussi à développer sa singularité et à imposer sa créativité débordante au monde. Designer hyperactif, Charles Kaisin ne s’ennuie jamais. Son invité, non plus ! L’art, de toute évidence, est terriblement stimulant.

Charles Kaisin nous reçoit dans son loft bruxellois qui lui sert à la fois de lieu de vie et de travail, quelques jours avant son exposition Origami for Life au Kanal-Centre Pompidou. L’homme est exalté ! Son dernier projet est à peine bouclé, que le designer nous a déjà concoté une nouvelle surprise : un pop-up store habillé de 18.000 rouleaux de papier toilette ! A quoi carbure Charles Kaisin ? Au travail et à l’entraide.

Charles Kaisin est né à Devant-les-Bois, un hameau de la commune de Mettet, de parents extrêmement aimants, bien ancrés dans les valeurs de la terre, de la solidarité et de l’entraide. C’est l’éducation qui fait l’homme. Et les belles rencontres qui le nourrissent. Quand le jeune Charles Kaisin monte à Bruxelles, il est ce rat des champs qui découvre les rats des villes. « Je quittais le cocon familial, j’acquérais une vraie autonomie et j’assumais mon homosexualité… » Dans la vie, c’est important de bien se connaître, surtout quand, comme lui, on est un hyper actif qui a soif de connaissance.

Après des études d’architecture à Saint-Luc Bruxelles, Charles Kaisin se forme chez les meilleurs, chez le sculpteur britannique Tony Gragg, chez l’architecte français Jean Novel, chez le designer israélien Ron Arad. Autant de rencontres intéressantes, « stimulantes », il insiste sur ce mot. Il s’inscrit ensuite à l’université de Kyoto en section design où il apprend, notamment, la technique de l’origami. « Depuis la 2emoitié du 20e siècle, l’origami est inscrit comme cours obligatoire dans les écoles japonaises, pour apprendre aux jeunes la dextérité, la précision et le rapport à l’espace. »

Charles Kaisin va retenir la leçon, combiner origami et recyclage et créer deux assises iconiques, la Hairy Chair à partir de revues laminées par une déchiqueteuse de papier et le fameux K-Bench, un banc modulaire extensible qui se plie et se déplie au grès des envies de chacun, et qu’il a créé à partir du recyclage de journaux. Le designer belge aime également dessiner des objets fonctionnels (pour Val Saint Lambert, Royal Boch, Delvaux…) en interrogeant invariablement la matière, la forme, le processus créatif. Ce questionnement de l’objet, il le savoure, avec ses élèves de l’institut St-Luc à Bruxelles où il donne cours …

Comment Charles, l’hyperactif, a-t-il géré le confinement ? « Je n’ai pas décéléré pendant le confinement ! Enfin si, j’ai décéléré pendant 4 jours (rire), j’ai même appris à faire du pain au levain ! » Ensuite, Charles Kaisin se met à réfléchir à la manière dont il pourrait soutenir la recherche de traitements contre le Covid à Erasme. Fasciné par les plissages, il imagine Origami for life, une action artistique et participative où il invite tout un chacun à confectionner un origami, avec la promesse que les partenaires privés et quelques donateurs très généreux (un mécène, qui préfère garder l’anonymat, a sorti 20 000 euros de sa poche) verseront 5 euros à la Fondation Erasme, pour chaque origami envoyé…

25 personnes ont travaillé sur le projet Orgami for Life ! On connaît la suite : l’engouement du public est tel que Charles Kaisin reçoit… 18 000 origamis ! Il en espérait 10 000… Tous les visiteurs qui étaient présents les 13 et 14 juin derniers au Kanal-Centre Pompidou de Bruxelles, ont probablement ressenti à quel point Charles Kaisin aime vivre des expériences uniques, pour les partager avec autrui.

C’est cette quête de moments de vie exaltants qui nourrit également son concept de « dîners surréalistes » réservés, soyons honnête, à quelques happy few, collectionneurs privés, hommes d’affaires, têtes couronnées, … A chaque fois, des lieux prestigieux et/ou extravagants: la Banqueting House à Londres, le Palazzo Vecchio à Florence, le casino de Monte-Carlo en présence de la famille princière monégasque, les Bains de Bruxelles, mais aussi une rame de métro, un bois, une église, le toit d’un gratte-ciel … Derrière chaque plat, la signature d’un chef étoilé. Pour charpenter le tout, une thématique originale : l’utopie, le voyage, un poème de Baudelaire… Et pour l’effet waouw, une scénographie délicieusement affolante qui stimule les cinq sens ! Charles Kaisin y office comme metteur en scène, orchestrant chaque détail de la soirée, de la serviette de table aux costumes des serveurs,  bluffant les convives, travaillant sans cesse l’excellence, exaltant le surréalisme si cher à son pays. « Même si je vis entre Bruxelles et Londres, je reste fier d’être Belge ! ». La bonne nouvelle qui clôture notre rencontre avec Charles Kaisin : la confirmation d’un « dîner surréaliste » à Bruxelles fin 2020 – début 2021 …


www.charleskaisin.com


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Vincent Van Duysen

Architecte belge parmi les plus influents et directeur artistique du géant du design Molteni & C, Vincent Van Duysen considère l’architecture et l’aménagement intérieur comme un tout. Acclamé sur la scène internationale comme une star, l’Anversois n’a pourtant que faire des strass et des paillettes. Au contraire, il revendique un art de vivre en harmonie avec le calme, le confort, la sensualité. En toute sérénité.

MOTS : NICOLAS DE BRUYN
PHOTOS : KOEN VAN DAMME

Il vaut mieux être simple et remarquable, que faux pour se faire remarquer ! Ce n’est pas Vincent Van Duysen qui nous contredira, lui qui retient de ses nombreux voyages, des rencontres fabuleuses avec des gens de peu qui ont pourtant pour eux l’essentiel : l’authenticité. Auteur de nombreux projets d’envergure en Belgique, à Londres, New York, Paris, Rome, Hong Kong, Vincent Van Duysen n’a jamais cessé de revendiquer son attachement à l’essentiel. « J’ai fait table rase de l’excessif, pour revenir à l’essentiel qui est source de tranquillité, de bien-être, de silence, de contemplation et d’interaction avec la nature… » 

Se sentir bien chez soi, votre crédo ? « C’est essentiel d’identifier les besoins et désirs d’un client ! Qui est-il ? Pourquoi a-t-il fait appel à moi ? Ensuite, je façonne un lieu qui aide à se détacher de la surconsommation et de la pression de la vie. Les formes ne doivent pas créer d’obstruction dans l’espace. Quant aux matériaux, je les veux purs, dérivés de la nature, sensuels, texturés, expressifs ; des bois, des pierres, des peintures à base de chaux, des beaux tissus ou des textiles, pour créer des ambiances reposantes, inspirantes, sensuelles… » 

« A l’ère de la surconsommation et du digital, j’aime cette idée de silence visuel ! »

Vincent-van-duysen
© Hélène Binet

Comment faites-vous parler les murs ? « C’est très physique ! J’aime la masse (la pierre, le béton, la brique) et le vide, et surtout leur juxtaposition ! Je commence toujours avec la masse, que j’évide pour architecturer des ouvertures et des espaces libres, qui sont autant d’axes visuels. La masse qui s’exprime de l’extérieur, se prolonge ensuite à l’intérieur, et devient des chambres et des espaces clos. Ce jeu de masse qui crée des surprises visuelles, est donc aussi très fonctionnel ! De surcroît, avec la masse, on se sent à l’abri, protéger. Et puis, il y a tout le plaisir de jouer avec les notions d’intérieur et d’extérieur, en fonction des envies de s’exposer ou non… »

Comment inspirer et être inspiré ? « C’est un processus sans limite. Tout m’inspire : un livre, un voyage, une rencontre, et mon équipe évidemment qui reste l’épicentre de la créativité »

Aujourd’hui, votre travail dépasse largement le cadre de l’architecture… « En effet ! Il y a trois ans, Molteni & C m’a demandé de dessiner leur stand au salon de Milan. Plutôt que de créer un showroom, je me suis inspiré des palais milanais avec leurs jardins secrets intérieurs où tous les espaces sont liés. Molteni était ravi ! C’est d’ailleurs après cette collaboration qu’ils m’ont proposé le poste de directeur artistique. J’ai pensé : mais que va faire un Belge chez Molteni & C, ce géant de l’ameublement de design, qui a travaillé avec les plus grands architectes, Aldo Rossi, Jean Nouvel, Tobia Scarpa ? La réponse est simple : j’y suis, et je fais même partie de la famille !

Vincent-van-duysen
© Hélène Binet

Comment envisage-t-on l’architecture et l’aménagement intérieur comme un tout ?

« Je crée des espaces pour que les gens y vivent ! Habitat et bien-être doivent être indissociables, l’architecture extérieure et le design intérieur aussi ! C’est un monde complet, Gesamtkunstwerk (l’art total), comme à l’époque du Bauhaus… »  

En 2019, vous recevez le prix Henry van de Velde, sorte d’Oscar du design. C’est l’aboutissement d’un travail acharné ! « J’ai récolté les fruits d’un travail entamé il y a trente ans… Je suis fier, en tant que Belge, de voir mes projets également acclamés à l’étranger. J’espère continuer à inspirer le monde, tout en étant inspiré par lui… » 

Un mot sur votre dernière réalisation, un vaste domaine viticole… « Un projet fabuleux ! J’ai été contacté en 2016 par l’entrepreneur Jan Van Lancker qui désirait cultiver du vin à Puurs, dans le Brabant flamand, pour y dessiner un chai. Je me suis inspiré de la typologie de la ferme flamande et de la linéarité des vignes, et je lui ai proposé un projet brutal et poétique à la fois, avec peu de matériaux, du béton, du bois teinté espresso, une toiture en bardage en bois, … A l’ère de la surconsommation et du digital, j’aime cette idée de silence visuel ! Jan a tout de suite accepté. Pour le mobilier, on a contacté De Belder Design, grand défenseur du mobilier brut, qui a épousé l’esprit du projet. Résultat : un bâtiment au caractère très terrien que les grains de lave utilisés pour tous les sols extérieurs contribuent à renforcer, avec une vue magnifique sur la nature. C’est plus qu’une exploitation viticole, c’est un lieu tranquille en communion avec son environnement, une vraie expérience sensorielle ! »

VINCENT VAN DUYSEN

www.vincentvanduysen.com


maries-corner

Une nouvelle ère chez Marie’s Corner

La Maison belge Marie’s Corner, leader du « Tailor-Made », est réputée mondialement pour ses modèles iconiques, ses 700 références de tissus et ses finitions haut de gamme. En 2020, des nouveautés appelées à devenir de nouveaux best-sellers mais également l’avènement de services révolutionnaires telle que « MC Care », une garantie anti taches.

Rencontre avec Serge Silber, co-CEO qui nous relate leurs nouvelles tendances. 

MOTS : ARIANE DUFOURNY
PHOTOS : FREDERIK VERCRUYSSE

MC Care, une garantie premium pendant 5 ans, 100% gratuite…

Désormais, « tous » nos modèles et « tous » nos tissus offrent une garantie contre les taches. Chaque pièce réalisée par nos Maîtres-Garnisseurs est traitée avec un produit anti-déperlant qui protège nos tissus en empêchant le liquide de pénétrer la fibre. Dès lors, un liquide renversé, comme du vin rouge, va former une bulle restant en surface permettant d’être épongée d’un coup de chiffon dans les 20 minutes. 

Grâce à notre procédé de pulvérisation, l’aspect et le touché de nos tissus ne sont pas modifiés. Toutes les taches domestiques (humaines ou animales) peuvent être enlevées, excepté le vernis à ongles et la peinture. Notre technique unique assure zéro toxicité, garantissant la sécurité des enfants et des animaux de compagnie !

Dans la mesure du possible, nous encourageons nos clients à agir rapidement pour un résultat optimal. Sachant que ce n’est pas toujours possible de déceler une tache immédiatement, il suffit d’appeler notre service « MC Care ». Notre société de nettoyage partenaire se rendra sur place pour faire disparaître la tache. De surcroît, les interventions sur site sont illimitées durant 5 ans. Une garantie unique !

maries-corner

MC Rent, un renting pour les professionnels qui bouleverse les codes…

Notre offre de renting « MC Rent » démontre tout l’intérêt de location sur-mesure destinée aux professionnels en ouvrant grand le champ des possibles pour les entreprises, les architectes d’intérieur, les designers et les décorateurs. Un loyer simple à payer et la liberté de faire naître des intérieurs toujours plus personnalisés et de pouvoir les adapter au gré de leurs envies. 

Face à un tel panel, comment choisir un canapé… 

Durant ces deux dernières années, notre modèle « Tennessee » est devenu un best-seller. Sa particularité se révèle par le travail de ses pieds flottants et son confort exceptionnel mais surtout parce qu’il s’intègre autant dans un intérieur classique que contemporain. Lors d’un salon à Londres, le coloris rose a eu un succès incroyable mais bien évidemment il existe dans d’autres couleurs et tissus. En 2020, nous avons développé la « méridienne » qui peut être utilisée seule ou dans une combinaison d’éléments. 

maries-corner
© Laetizia Bazoni

Quoi de neuf en 2020…

Parmi les fauteuils appelés à devenir de nouveaux best-sellers, « Conway » est idéal dans un salon ou une chambre grâce ses lignes élégantes et légèrement courbées et « Baldwin » s’impose avec son piètement en noyer visible faisant ressortir le détail du bois et l’harmonie des courbes. 

Nous élargissons notre offre de table en sortant le modèle « Axo » élaboré de piètements en métal et de plateaux en marbre (blanc ou noir également en finition mate) ou en bronze. Une infinité de combinaisons disponible en plusieurs tailles (38, 42 et 100 de longueur) et hauteurs pour un rendu unique !

La chaise « Sonoma High » est née de la demande de Frederik De Ceuninck, le chef étoilé du « Sel Gris » à Duinbergen, qui souhaitait respecter les lignes courbes caractéristiques du modèle iconique en y ajoutant un dossier plus haut améliorant le confort d’assise et le maintien. Également à sa demande, la « Napa », autre déclinaison de la « Sonoma », se présente sans accoudoir. Toutes les deux sont proposées avec un dossier totalement garni ou en bois (hêtre) apparent. 

Côté canapés, le « Hartford » attire immédiatement le regard avec son look masculin so bristish comme dans les intérieurs de Mini. Quant au « Hill » et ses lignes carrées, il est disponible en version « sectionnable », [un must à découvrir dans notre prochaine édition « Be Design », NDLR].

MARIE’S CORNER

Avenue Edison, 20
1300 Wavre

www.mariescorner.com


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Sortir le bois du bois !

Au Canada, des granges centenaires vouées à la démolition. Chez nous, dans nos intérieurs d’accros à la déco, du bardage, du plancher, des poutres et du mobilier, le tout en bois de récupération. Il y a 19 ans, Philippe Auboyneau a parcouru le monde, pour redonner vie aux plus beaux bois anciens. Pour sortir le bois… du bois. A l’époque, on a pensé qu’il était un peu fêlé. Aujourd’hui, on salue son concept et sa réussite. Rencontre.

MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : ATMOSPHERE & BOIS

Il habite Chicago, quand le français Philippe Auboyneau dit adieu à la finance et bonjour à la négoce de bardages de bois anciens. Cette réorientation professionnelle a tout d’un nouveau défi ! « J’ai toujours aimé le bricolage », tempère-t-il, « et j’ai une mère styliste, et des sœurs qui travaillent dans la déco d’ameublement. » Un signe. Il y en aura d’autres : Philippe croise la route des Amish qui montent des granges dans le Wisconsin – une fausse piste -, puis découvre en surfant sur Internet, WoodSource, une société spécialisée dans le démontage d’anciennes granges et la récupération des vieilles planches et charpentes. Autre signe encourageant : le siège de WoodSource est dans l’Ontario, le grenier du Canada ! Une aubaine pour Philippe qui part, avec sa famille, à leur rencontre en leur exposant son plan : ramener le concept en Europe. « Il y a 19 ans, ils m’ont (un peu) pris pour un fêlé ! », nous lance-t-il amusé. Pourtant, Philippe Auboyneau tient un vrai concept : sortir le bois … du bois. Comprenez : le bois n’est pas l’apanage des seuls chalets de montagnes ! Le bois peut s’inviter partout, dans les villas de bord de mer, dans les hôtels urbains, sous forme de table, de lampe, en construction entière ou en touche de bois, pour une note rustique chic. 

Le concept est bon, il sera payant. Confiant, Philippe Auboyneau va rapidement monter sa (petite) entreprise… « J’ai d’abord construit des cabanes en bois aves mes vieilles planches du Canada que j’ai notamment exposées aux Jardins d’Aywiers, pour montrer ma matière, puis j’ai vendu ces planches comme éléments de décoration d’intérieur avant de créer un réseau de récupérateurs de bois anciens … ».

Aujourd’hui, l’offre d’Atmosphère & Bois s’est diversifiée. Dans son magasin, qu’il a ouvert cette année, Philippe fait les présentations : « ici, des bardages du Canada, là du chêne neuf vieilli par Arbony, une société liégeoise spécialiste des patines sans artifice, là encore, des vieux planchers de châteaux du 18e et 19e et des fonds en chêne de wagons de marchandises français… » Au rayon des bonnes affaires, des lots uniques de bois anciens, bardages et planchers, à prix d’ami, attendent le bricoleur …

Offre généreuse et champ d’activités élargi : « A l’activité de négoce de bois anciens aux particuliers et aux privés, dans toute l’Europe, se sont greffés Atmosphère & Projets qui réalise des maisons, extensions, pools houses et carports en bois ancien, et Atmosphère & Bois Home qui crée du mobilier standard et sur-mesure, avec de la main-d’œuvre belge. 

« On visite l’atelier ? » Des cargos de bardages, planches, planchers, arrivent chaque mois du port d’Anvers. Les marchandises sont ensuite acheminées vers l’atelier de Limelette où s’affaire toute une équipe : ici, on retire les clous, on nettoie, on brosse, on ponce, on coupe. On emballe aussi, pour l’exportation. « On me reproche parfois que le bois ancien a un coût élevé. Oui, le coût du travail des hommes ! »

En tête à tête avec Philippe Auboyneau

Pourquoi un Français choisit-il de s’implanter en Belgique ? « Pour faire court : parce que le Belge a bon goût, qu’il devient propriétaire jeune, que le port d’Anvers est à une heure de Limelette, et que le bouche à oreille est plus viral ici qu’en France…  Que de bonnes raisons ! » 

Les atouts du bois antique ? « Son fini unique, son charme, son vécu. C’est du bois de récupération, qui s’inscrit donc pleinement dans une démarche écologique. A&B ne coupe pas de bois ! De surcroît, c’est un parfait isolant. »

Le bois brûlé ? Il fait la moue. « C’est un process actuel, un effet de mode, à l’instar des nouvelles gammes de papiers peints. A mille lieues du bois ancien, qui est chargé d’histoires. »

Ce n’est pas du bois mais ça y ressemble ! « Nous sommes en effet le distributeur officiel de Millboard, un matériau anglais incroyable qui à l’apparence du bois mais qui n’en contient pas. Il ne pourrit pas, ne décolore pas, ne se tâche pas… Certes, ce n’est pas du bois, mais ça constitue une alternative intéressante, pour qui veut une terrasse qui dure 25 ans ! » 

Les lots uniques ? « Moins chers ! A saisir dans mon nouveau magasin, en fonction de l’offre de mon réseau de récupérateurs. »

Vos plus belles réalisations ? «  Il y en a beaucoup ! Pour en citer quelques-unes : les tables du Tero Restaurant, le Knokke out Waterloo, The Kottage, la Kolline, Le Hamster, à côté du circuit de Spa-Francorchamps … » 

On shoppe ? « On a un magasin ouvert, tous les jours, dont le samedi matin ! On y trouve du plancher ancien, des bardages, des miroirs, des luminaires, … L’enlèvement direct des marchandises s’avère un atout certain pour de nombreux particuliers ! »

 

atmosphere-bois

ATMOSPHERE & BOIS

Avenue Pierre Holoffe 3 à Limelette

www.atmosphere-bois.com


baobab

Toutes et tous À LA PLAGE !

C’est l’irrésistible invitation lancée par Baobab Collection, à travers deux éditions limitées du printemps-été 2020, les bien nommées Beach Club et Tsiraka (la plage, en Malgache). Habillages inspirés de stations balnéaires mythiques pour l’approche visuelle, fragrances évocatrices de plages de rêve pour la dimension olfactive : raconter des histoires, c’est un art !

MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : BAOBAB

Que les parfums évoquent des souvenirs familiers et qu’ils soient capables de susciter des émotions très vives, plus personne n’en doute ! La lavande évoque à jamais la Provence ; l’orange amer, Séville ; l’odeur du pain perdu, l’enfance… Encore faut-il mettre en scène un vase, une bougie, un parfum. Car aujourd’hui, il ne suffit plus de créer un objet, encore faut-il raconter des histoires qui vont provoquer une connexion émotive…

Ecrire une histoire, un storytelling comme on dit dans le jargon de la comm’, c’est, notamment, le travail de Corinne Bensahel, directrice artistique chez Baobab Collection. C’est elle qui va définir le fil d’un projet et les images évocatrices qui vont donner un sens à l’habillage et aux fragrances des bougies. L’architecture colorée des cabines de sauvetage que l’on retrouve sur South Beach et le souvenir intense des joggers matinaux qui laissent derrière eux des effluves de Cologne, vont ainsi nourrir la conception d’une cire jaune flashy au parfum de citron, de cédrat et de galbanum. De quoi donner des Miami Good Vibes à nos intérieurs !

Faisons un test. Laissez votre inspiration vagabonder, imaginez un bleu nattier, celui des transats rayés des clubs de plage, presque hors du temps ; imaginez ensuite un parfum gourmand de romarin, de menthe et de cassis.

Où sommes nous ? Saint-Trop’ ! Pampelonne ! Imaginez ensuite un rose vif pour la couleur, un parfum de fruits exotiques, de jasmin et de musc, pour l’odeur. Où sommes-nous ? Ibiza ! Plus exactement sur la Playa d’en Bossa, celle qui attire toute la jet-set…

La collection Beach Club raconte des histoires qui nous emmènent sur des plages mythiques de France, d’Espagne ou des Etats-Unis, là où on s’enivre des parfums gourmands ou rafraichissants de romarin, de menthe, de fruits exotiques, de musc, de citron, … L’invitation est franche, les étapes mythiques, l’addic- tion totale.

Tsiraka, un voyage solidaire en terre malgache

Hommage cette fois aux plages de Madagascar (Diego Suarez, Nosy Be, Ifaly), en regard des femmes Malgaches qui s’y déplacent, un panier en raphia sur la tête… Derrière la même volonté de raconter de belles histoires, se dresse un vrai projet solidaire. Ce raphia qui habille le verre de la collection Tsiraka est en effet tissé par des ouvrières qui font partie d’une coopérative rurale de femmes Malgaches. « Baobab Collection a commencé ce projet de vase en raphia, il y a trois ans avec 25 ouvrières. Aujourd’hui, elles sont 66 ! Lutter contre la pauvreté, c’est avant tout donner du travail aux gens », conclut, avec humilité, Corine Bensahel.

Du tac au tac avec Alain Lahy, le big boss, et Corinne Bensahel, la directrice artistique, de Baobab Collection.

C’est du belge !

AL : « Oui, l’actionnariat de Baobab Collection est majoritairement belge et le siège social basé à Wavre… ».
CB : « Si les collections s’inspirent de contrées lointaines, c’est toujours en Belgique qu’elles sont imaginées… »

Baobab Collection, c’est aussi le fruit du savoir-faire européen…
AL : « En effet, les verres sont soufflés par des maîtres verriers polonais, les mèches sont assemblées en Allemagne et les parfums, élaborés à Grasse, en France. »

2007, un tournant avec votre arrivée, Alain Lahy…

AL : « Je venais du monde de la déco et je souhaitais, en effet, transformer un objet commun, de la « cire dans un vase », en véritable objet de décoration à l’identité olfactive affirmée. On a alors décliné des collections en fonction de l’objet, des techniques de fabrication du verre, et de nos idées design… »

La bougie qui met tout le monde d’accord ?

CB: « La collection Pearls dont le verre reflète merveilleusement bien la lumière ! »

Un relooking ?

AL : « La collection mythique All Seasons relookée dernièrement, pour être plus tendance… »

Le maître-achat ?

AL : « La Max 10 (le petit format) représente 50% de notre chiffre d’affaires, suivie par la Max 16. »

La bougie la plus onéreuse ?

AL : « La Maxi Max (le tout grand format, NDLR) coûte plus de 500 euros, contient 7 kilos de cire et peut brûler pendant 800 heures ! Faites le calcul, ce n’est pas plus cher que la concurrence… »

Une anecdote ?

AL : « Nos bougies sont tellement belles que les clients hésitent parfois à les allumer ! » (Rire)

BAOBAB COLLECTION

www.baobabcollection.com

 


Kim-Verbeke

Kim VERBEKE « Il faut arriver à sublimer le quotidien »

C’est chez Hors-Champs, l’épatant restaurant de Stefan Jacobs, que l’on découvre la vaisselle de la céramiste belge Kim Verbeke. Lignes épurées, courbes affirmées, jeu des textures, harmonie des contraires, subtilité de l’émail. On est sous le charme. Un coup de fil plus tard, nous voilà dans son atelier situé dans une ancienne ferme en carré, à Cortil-Noirmont…

MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTO COVER : BRUTAL CERAMICS
PHOTOS ARTICLES: DELPHINE LERICHE

Elle aurait pu devenir biologiste ( « J’aime la complexité de la vie, de la création, de la terre… ») ou rester une éternelle touche-à-tout (« J’ai essayé la photo, les bijoux, la vannerie… » ), mais c’est la poterie et le besoin, presque instinctif, de mettre les mains dans la terre, qui vont alimenter la passion de Kim Verbeke. Aux Ateliers Bibendou à Jauche, elle va apprendre les bons gestes : la préparation de l’argile, les mouvements variés pour lui donner forme, ses types de cuissons, la chimie des émaux, les caprices des matériaux organiques aussi !

Après trois années d’apprentissage à tester plusieurs techniques de façonnage (montage au colombin, à la plaque), elle opte pour le tournage, le procédé le plus perfectionné. « Le plus difficile, c’est d’arriver à bien centrer sa motte d’argile, avant de la façonner pendant sa rotation ! ». C’est par l’exercice que l’on acquiert de la compétence ; c’est en tournant qu’elle devient céramiste. Un mi-temps pour prendre ses marques, une année sabbatique pour prendre son envol, des rencontres avec les bonnes personnes (Agave Boutique à Ixelles et Stefan Jacobs qui craque pour ses tasses à café), un bouche-à-oreille viral, des réseaux sociaux qui s’emballent, des ateliers/workshops/soirées/pop-up avec d’autres artisans qui l’aident « à grandir » et qui aiment, comme elle, les objets qui ont une âme… Bref, début 2019, Kim Verbeke se lance comme céramiste professionnelle. Et sort d’emblée du lot !

Kim-Verbeke

L’harmonie des contraires

Dans l’atelier qui jouxte son privé, la céramiste travaille la terre, cinq argiles, des belges, des allemandes, des espagnoles, des blanches, des noires, des rouges, des grises mouchetées granuleuses, qu’elle a soigneusement sélectionnées pour leur facilité de travail, leur réaction au séchage et aux émaux. Deux tours de potier (dont l’un a passé le cap des trente ans et fait un bruit d’enfer ; c’est pourtant son tour favori, un cadeau de mariage …), deux fours, des pièces au séchage, d’autres prêtes à être émaillées, des pièces ratées (ça fait partie du processus de création), beaucoup d’objets réussis aussi !

Des tasses, des bols, des saladiers, des vases, des carafes, autant de pièces uniques, faites à la main, dont les différentes textures et couleurs forment un ensemble magnifiquement cohérent et harmonieux. « La terre brute mise en valeur par des lignes et volumes épurés, touchée par la subtilité de l’émail… J’aime l’harmonie des contraires ! »

L’utilitaire esthétique a tout son sens…

Kim Verbeke travaille des pièces utilitaires. Comprenez : elle crée du beau et de l’utile ! « Je ne réalise pas des objets pour qu’ils restent sur une étagère ! Notre vie se compose principalement de petites choses du quotidien. Pourquoi ne pas sublimer ce quotidien ? Pourquoi ne pas donner de la couleur, de la vie, aux moments ordinaires ? Je souhaite vivement qu’on prenne plaisir à choisir telle ou telle tasse, tel ou tel bol. Prendre un thé le matin doit rester un moment privilégié, dresser une table pour des amis, un vrai plaisir. Associer l’esthétique à l’utile, c’est apporter un supplément d’âme à une pièce, c’est nourrir un art de vivre. »

Pourquoi on aime le travail de Kim Verbeke

• Parce que chaque pièce qu’elle crée est belle et singulière, ce qui donne du style à notre table.
• Parce que grâce à ses tasses, chaque pause-café est (presque) inoubliable.
• Parce que sa vaisselle, utile, n’est pas plus fragile qu’une autre : elle peut donc aller au lave-vaisselle !
• Parce qu’en plus des commandes passées lors des visites dans son atelier, Kim Verbeke compte ouvrir dans un avenir proche un showroom où acheter des pièces à l’unité…

Kim-Verbeke

KIM VERBEKE CÉRAMIQUE

Atelier ouvert le vendredi sur rendez-vous.
Rue de Nivelles, 11 à Cortil-Noirmont.

www.kimverbeke.com


Flamant

F Comme Flamant

Habité par un souci de perfection, Flamant s’offre, après 41 ans d’existence, une cure de jouvence. Preuve en est, la métamorphose de sa boutique au Sablon. Si l’iconique Maison de décoration a changé de look, l’enseigne belge reste fidèle à son objectif : faire de chaque intérieur un foyer chaleureux. Bienvenu-e dans son nouvel univers !

MOTS : ARIANE DUFOURNY
PHOTOS : FLAMANT

Saviez-vous que l’histoire de la Maison de décoration belge Flamant remonte à plus de 40 ans ? Selon le dicton « La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre», Alex Flamant s’est découvert une passion pour la décoration intérieure dans la boutique d’antiquités de son père. Terrain propice à l’imagination, il décida de fabriquer lui-même des meubles classiques et de sillonner le monde à la recherche de matériaux de qualité.

Depuis qu’Alex a repris le magasin familial, « Flamant Home Interiors » s’est imposé internationalement pour son mobilier, ses éclairages, son textile et ses objets décoratifs. Quant à la palette de couleurs « Flamant Paint » qui a vu le jour en 1999, elle est devenue sujet de conversation de quiconque entrevoit de repeindre une pièce de sa maison. Ah, c’est votre cas ? Ca tombe bien car la nouvelle Technologie Air Care élimine 80% des substances polluantes de votre maison. Parmi 128 teintes, vous n’aurez que l’embarras du choix. Et si vous ne connaissez pas encore les 4 nouvelles couleurs de l’année, vous craquerez peut être sur : Welcome, Teddy Bear, Stromboli ou Vert d’ô. Question d’en faire toute une histoire.

Flamant

Souvent imité, jamais égalé, Flamant possède 8 concepts stores en Belgique et un à Paris et ses articles sont vendus aux quatre coins du monde dans plus de 200 magasins. Et pour shopper la collection depuis votre futur ancien canapé, rendez-vous sur le webshop. La célèbre enseigne a même été breveté en 2007, par le roi Albert II, « Fournisseur de la Cour ».

Mais dans un monde où rien n’est jamais acquit, l’enseigne qui fait la fierté de notre pays a décidé d’adopter un branding contemporain et un logo flambant neuf. « Après tout ce temps, nous nous sommes rendu compte que notre look ne correspondait plus tout à fait à ce que nous étions devenus », explique Alex Flamant, Chief Creative Officer. « Nous avons estimé qu’il était temps de faire peau neuve. Notre nouveau style repose sur ce qui nous passionne depuis toujours : faire de chaque intérieur un foyer chaleureux. Si nous avons décidé de renouveler la charte graphique de Flamant, nous sommes restés fidèles à notre philosophie. Une philosophie que vient souligner notre nouveau slogan : « You’re home ». »

Cerise sur le gâteau, pour ses 41 ans d’existence, la boutique du Sablon vient de s’offrir un relooking total où vous trouverez également un bar convivial où dé- guster leur propre genièvre 100% belge et artisanal. Son distillat de céréales et l’acore odorant risquent bien de convertir les adeptes du gin. Il est fort à parier qu’ « ODE » se trouvera dans la wishlist du Père Noël. Ho Ho Ho !

Flamant

Les conseils de Flamant pour une table Colourful Chic

Vous avez besoin de :

• Une table en bois au look brut et naturel
• Des chaises revêtues d’un habillage chaleureux comme le velours
• Des sets de table colorés et des serviettes en lin • Une vaisselle de caractère, fabriquée à la main
• Des couverts à manche décoratif
• Des photophores pour la convivialité
• Beaucoup de fleurs et/ou des fruits et légumes décoratifs

Conseils :

  • Le ton sur ton est toujours du plus bel effet ! Optez pour des sets dans la même teinte que vos assiettes. Envie de la mettre en valeur ? Drapez les serviettes en dessous.
  • Misez sur les diagonales pour un effet convivial comme des cuillères à dessert posées en oblique sur des assiettes à dessert assorties.
  • Agrémentez la table de fleurs séchées et de photophores pour un 10/10 en convivialité.

Flamant

FLAMANT

Place du Grand Sablon, 36 – 1000 Bruxelles

Retrouvez toutes les adresses sur www.flamant.com


Francis-Metzger

Francis Metzger

L’architecte belge, Francis Metzger, se définit comme un architecte de situation. Spécialisé tant dans la restauration de hauts lieux du patrimoine que dans la conception contemporaine, on lui doit notammentla renaissance de la Villa Empain, de la Maison Saint-Cyr, de l’Aegidium, de la Bibliothèque Solvay, de la Gare Centrale, de l’Hôtel Astoria ou de la Maison Delune. Des œuvres que son œil bienveillant a l’art de faire basculer dans le XXIe siècle. A la fois architecte-praticien, professeur à la Faculté d’Architecture de l’Université Libre de Bruxelles et vice-président de l’Ordre des Architectes, son curriculum à de quoi impressionner. Rencontre.

MOTS : NICOLAS DE BRUYN

Quelle est votre philosophie de travail ?

Je suis un architecte de situation, de contextualité. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler par rapport à des lieux. Soit le lieu est un terrain vague où tout est à imaginer et où l’on va faire de l’architecture contemporaine, soit il s’agit d’un immeuble sans beaucoup d’intérêt et on va intervenir comme il se doit en réinventant et actualisant un bâtiment préexistant, soit encore on travaille sur du patrimoine et on va faire de la restauration. C’est donc le lieu qui dicte notre attitude.

L’architecture est un rapport entre un lieu, un programme et un moment donné. Il s’est toujours passé quelque chose avant, il se passera toujours quelque chose après, ce qu’on a tendance à oublier. L’architecture est donc l’art du temps ; un tempo très différent de ceux de la musique, la littérature ou le cinéma. L’architecte fait des projets qui sont la mise en place de l’identité d’une œuvre. Ainsi, nous devons savoir que nos œuvres sont périssables au point parfois de disparaître mais aussi de s’altérer profondément pour devenir méconnaissables. Dès lors quand on fait de la restauration, tout notre travail, c’est la reconquête de l’identité.

Quelle est votre méthodologie face à un nouveau projet ?

Je dois devenir compétent par rapport au lieu. Je mets en place une stratégie qui me permettra de devenir en un délai très court, compétent et performant. Dans cette perspective, MA2 conjugue plusieurs démarches : l’étude historique au service du patrimoine, l’analyse de l’état pathologique du bâtiment (des fouilles archéologiques qui comprennent des sondages stratigraphiques et chromatiques) et le relevé dimensionnel adapté au projet. Il s’agit de faire parler le bâtiment afin de comprendre son état premier (d’autant plus important quand on dispose de peu d’informations), de trouver les remèdes s’il y avait des fautes structurelles au départ et puis de vérifier si la programmation du maître d’ouvrage est possible par rapport au lieu. Après, on réalise le projet.

Comment penser l’architecture lorsqu’après les fouilles, il vous manque des informations ?

Il faut se poser la question : qu’est-ce qui fait l’identité de ce projet ? Il m’appartient de reconquérir cette identité perdue, de faire basculer l’œuvre dans le XXIe siècle en y apportant « la part manquante », ceci au gré d’un œil humble et bienveillant.

Francis-Metzger
© Sandrine Mossiat

L’archéologue Adolphe-Napoléon Didron disait : « En fait de monuments anciens, il vaut mieux consolider que réparer, mieux réparer que restaurer, mieux restaurer que refaire, mieux refaire qu’embellir ». Qu’est-ce que cette citation évoque pour vous ?

La démarche de MA2 colle complètement avec cette précieuse citation. L’objectif est de laisser en place tout ce qui est authentique et de s’arrêter là où commence l’hypothèse. On restaure tant qu’on peut restaurer. C’est la qualité et la bienveillance de l’architecte qui feront la différence.

Vous militez pour le sauvetage du Palais de Justice de Bruxelles aux côtés de la Fondation Poelaert. Quel sera son avenir ?

C’est une œuvre magistrale. La dernière grande œuvre de l’éclectisme, le plus grand bâtiment au monde construit au XIXe siècle. Il a tellement évolué au cours du temps qu’il y a une perte significative de l’œuvre. Maintenant qu’on a retrouvé les plans originaux de Poelaert, on peut travailler à rendre à l’ensemble sa cohérence. Il appartiendra donc aux auteurs de projet de conserver cette identité et en même temps de faire basculer l’espace dévolu à la justice vers une justice d’aujourd’hui et de demain.

Vous vous décrivez comme un architecte gourmand. Gourmandise assoiffée par l’ancien et le nouveau, comment la digérer ?

L’architecture est une attitude. On se met dans une situation de projet où l’on intervient à un moment de l’histoire sur la ligne du temps par rapport à un lieu. Je dis « gourmand », je veux dire « gourmet » car on fait des choix. « Gourmand » car par rapport à certains de mes confrères, je suis un des rares à faire un peu de tout. « Gourmand », c’est une capacité à prendre en charge une question quel que soit le lieu ; ce qui demande des compétences tant dans la création contemporaine que dans la rénovation. Je trouve cela passionnant !

Vous êtes un peu comme un chirurgien plasticien de l’architecture mais aussi psychanalyste ?

Psychanalyste parce qu’on se retrouve face à des gens qui ont parfois du mal à formuler leurs besoins. Or un bon projet doit tenir compte des acteurs qui vont l’occuper. Notre travail est aussi de faire accoucher les envies. Je crois fort à cette idée de participation, de faire en sorte que les gens pour qui on va construire, contribuent à l’acte de bâtir. L’architecture, c’est modeler de l’espace et de la lumière, c’est aussi tisser du lien social.

Francis-Metzger
Maison St Cyr® © Marie-Françoise Plissart

Vous avez notamment restauré la Villa Empain de Michel Polak, la Bibliothèque Solvay dessinée par Constant Bosmans et Henri Vandeveld, la Gare centrale de Horta. Quel regard posez-vous sur les architectes dont vous rénovez les œuvres ?

J’ai le plus grand respect pour ces grands maîtres du passé qui ont laissé derrière eux une œuvre magistrale. C’est un vrai bonheur d’appréhender leurs créations car je sais combien l’architecture est difficile. Quand je travaille sur des œuvres de Horta, Balat, Blerot, Polak, Dewin ou d’autres, je sais qu’ils ont mis dans leurs œuvres tout ce qu’ils avaient de meilleur. Pour arriver à ce niveau de qualité et de générosité, il faut vraiment un investissement de l’ordre de la démesure. Il m’appartient de respecter cet investissement passé.

Vous avez rénové la Maison Saint-Cyr de Gustave Strauven. Racontez-nous.

Le bâtiment était à vendre et abandonné depuis une dizaine d’années. Le propriétaire actuel m’a téléphoné m’annonçant qu’il souhaitait l’acheter à condition que j’accepte de le restaurer. Je n’avais jamais travaillé sur Gustave Strauven, un architecte peu documenté. Ce fut un important travail de recherches et de fouilles archéologiques pour faire parler le bâtiment. La façade étant d’une telle promesse, l’intérieur se devait d’avoir des qualités. A chaque réunion, on s’émerveillait de la finesse des associations chromatiques. Ce fut un vrai bonheur au fil du chantier de voir ressurgir une œuvre du passé. Souvent, le plus compliqué n’est pas de trouver les artisans qualifiés mais les matières comme pour les bois ou les pierres manquantes au sol. Par exemple, pour la Villa Empain, les carrières n’étant plus en activité, on a scié les dalles de marbre restantes en deux dans le sens de la hauteur, et on a placé des implants en dessous.

Quel est votre projet de rénovation pour le château Tournay-Solvay, l’œuvre des architectes Bosmans et Vandeveld commandée par Alfred Solvay ?

Ce bâtiment classé situé en zone verte Natura 2000 abritera le BEL (pour Brout-Englert-Lemaitre), un haut lieu de la physique. Certains espaces qui correspondent aux besoins techniques modernes ont pu être intégrés dans le projet via notamment la reconstruction de la toiture disparue, celle-ci faisant l’objet d’une réinterprétation dans un langage contemporain. Au- dessus de la table de réunion, il y a un grand volume de verre d’où on apercevra les étoiles. Une symbolique qui devient juste. Sur la ligne du temps, je trouve que ça vaut la peine que ce projet marque un moment de l’histoire.

Francis-Metzger
Bibliothèque Solvay © Marie-Françoise Plissart

Une nouvelle vie pour L’Aegidium, salle mythique du Parvis de Saint-Gilles ?

Bâti en 1905, ce bâtiment étrange a perdu de sa superbe au fil du temps. Les études historiques mentionnaient de l’architecture éclectique, notre premier réflexe a été de retirer toutes les cloisons. Une fois déshabillé, on a retrouvé un joyau ! L’appellation originelle était Diamant-Palace, rebaptisé l’Aegidium lorsqu’il changea de propriétaire en 1929. Notre objectif est de revenir au pristin état du bâtiment. Ne sachant pas ce qu’était une ampoule de 20 watts en 1905, on va travailler avec des fabricants d’ampoules pour définir la lumière ad hoc. Le défi sera de rendre ses lustres à cet incroyable édifice tout en offrant un cadre adapté aux arts de la scène, évènements culturels et autres festivités de la vie bruxelloise actuelle.

Spécialiste de la rénovation, êtes-vous également séduit par vos réalisations contemporaines ?

L’auditoire Nile est un projet coup de cœur. Faisant suite à la construction par nos soins des bâtiments HELB-ULB en 2005, nous avons reçu ordre de mission en 2013 de réaliser à côté un auditoire d’une capacité de minimum 300 places. Célébrant l’esprit de Jean Nile, voilà de la prose technique, très contemporaine.

Un coup de cœur ?

Le prochain ! J’ai un lien affectif avec tous nos projets, même les contemporains. Je voudrais terminer un projet de livre, toujours une question du temps, cet élément qui préside à l’art de l’architecture.

Francis-Metzger
L'auditoire Nile © Marie-Françoise Plissart

METZGER ET ASSOCIÉS ARCHITECTURE

Rue de la Glacière, 24 – 1060 Bruxelles

www.ma2.be