Le poing levé
Le poing levé
Mots : Servane Calmant
Photos : Victor Pattyn
Sous le charme d’ « À nous », premier album à la mélancolie brute du Bruxellois Noé Preszow qui, à 25 ans, réinvente la chanson à texte sur des notes électro-pop entrainantes…
Treize titres chantés le poing levé viennent de paraître sur le label français Tôt ou Tard (Delerm, Tiersen, Vianney …). Treize chansons qui parlent de la violence des gens, de la violence du monde. Une plume trempée dans la rage et des rythmes dansant qui font le tour de la toile. Des premiers titres (« Que tout s’dance » et « A nous ») porteurs d’espoir et une nomination dans la catégorie Révélation masculine des Victoires de la musique 2021. A 25 ans, chapeau Noé !
Pourtant, derrière le succès de Noé Preszow (prononce Prèchof, nous glisse à l’oreille l’attachée de presse …), auteur-compositeur-interprète belge aux origines polonaises, grecques et moldaves (ah, la mélancolie slave…), on sent poindre le désarroi de l’écorché vif et la rage dicible, car écrite et chantée, du révolté. « Oui, je suis né comme ça : à fleur de peau et fragile, toujours un peu à côté. Mon premier choc ? La rencontre avec les gens. La violence des rapports humains, j’y ai été confronté tout jeune, à l’école d’abord. Alors, pour me protéger, j’ai créé une bulle où me réfugier. Mais qu’on ne s’y trompe pas : je ne suis ni amer ni aigri. Au contraire, je suis plein de vie mais révolté. Oui, j’ai la rage… ». Quand on lui demande ce qu’il reproche précisément à notre société, la réponse ne se fait pas attendre : « A peu près tout ! (rires) Je ne dis pas que rien ne me convient, mais les rapports de pouvoir et de domination, les violences policières, l’exil forcé qui sépare les familles et qui me rappelle ma propre histoire familiale. Je mets en perspective le passé avec l’actualité des migrants, des naufragés, rien ne change et ça me révolte ! »
Du rock dans les veines
Pourquoi a-t-il préféré une électro-pop à la mélodie harmonieuse plutôt qu’un rock âpre pour habiller ses mots ? Noé Preszow s’amuse de la question : « Vous m’avez percé au grand jour ! Le rock coule davantage dans mes veines que l’électro-pop, mais sur ce premier album, « A nous », j’avais envie de me surprendre et de mélanger plusieurs textures musicales. Mais quand je branche ma guitare électrique… ». On l’interrompt : « … c’est pour livrer une interprétation brute de décoffrage ! Il rit. « Exactement ! ». Ses références ? Multiples. Et de citer pêle-mêle Bowie, MC Solaar, Cure, Bob Dylan, Brigitte Fontaine, Léonard Cohen, Hubert-Félix Thiéfaine, … Pas vraiment sa génération ! « Ahaha, vous avez raison ! Pourtant je me défends d’être passéiste, mais j’aime les chanteurs qui ont un parcours. Je flashe rarement sur un premier album ou sur une révélation, j’ai besoin d’une accumulation de matière pour plonger dans l’univers d’un artiste. »
Faire sa place dans ce monde de la tyrannie de l’apparence avec « les armes que j’ai »… « Oui, la question de l’apparence et des normes fait partie intégrante de mon parcours. C’est notamment parce que le monde est cruel envers ceux qui ont du mal à trouver leur place, que j’ai commencé à m’exprimer en chanson, j’en avais besoin pour sortir de mon coin. Questionner le monde en musique, c’est ma thérapie personnelle, je n’en fais pas pour autant un combat universel … » La reconnaissance, d’abord française ? « J’ai en effet très rapidement reçu du respect et de la considération des pros, de la presse et du public français. En Belgique, on a une exigence différente : on attend des artistes une forme de fantaisie, de second degré, que je n’affiche absolument pas dans mes chansons. Mais je ne suis pas qu’un chanteur à textes, j’aime marier les mots et les sons. »
Jonathan Zaccaï, est-on propriétaire du souvenir d'un être aimé ?
Jonathan Zaccaï
Est-on propriétaire du souvenir d'un être aimé ?
Mots : Ariane Dufourny
Photos : Pamela Berkovic
Comédien belge renommé, scénariste et réalisateur, Jonathan Zaccaï peut désormais ajouter écrivain à son illustre palmarès. S’immisçant dans sa propre vie, son premier roman, « Ma femme écrit », se révèle à la fois drôle et percutant. Coup de cœur !
Jonathan Zaccaï est notamment connu sous le nom de Raymond Sisteron dans la célèbre série « Le Bureau des Légendes ». Dans son premier livre, « Ma femme écrit », son héros décide d’écrire un roman consacré à sa mère décédée avec laquelle il partageait une relation passionnée. Celui-ci découvre avec stupeur que sa femme, actrice comme lui, l’a précédé. Mais pour lui, nul n’a le droit de s’exprimer sur celle qui lui a donné son ADN. In fine, qu’en pense-t-il après coup ?
Votre héros est acteur de série. Vous aussi. Son épouse est actrice et écrivaine. La vôtre également. Sa mère décédée est une peintre. La vôtre aussi. Votre roman est-il une pure fiction ou une autofiction ?
Ce qui m’a intéressé était d’écrire une autofiction où le lecteur pense être dans la réalité mais qu’au fur et à mesure, l’aventure dérape de trop pour y rester.
Somme toute, vous préférez écrire ou jouer la comédie ?
Les deux m’alimentent différemment et me plaisent. L’écriture est une aventure intérieure. Étonnamment, je m’y expose plus que sur un rôle où je suis protégé par un personnage.
« Disparition… Peu de mots expriment à ce point notre impuissance, comme si la langue essayait elle aussi de ne pas perdre la face. » Votre livre est-il avant tout un puissant hommage à la vie de l’artiste belge, Sarah Kaliski ?
L’écriture est une forme de mégalomanie exceptionnelle où je peux donner envie au lecteur de découvrir qui était ma mère. Mon personnage, tel un Don Quichotte bobo parisien, se bat contre des moulins à vent pour redonner vie à sa mère. Désespérément.
Qu’est-ce qui caractérise le style artistique de votre mère, Sarah Kaliski ?
Un mélange de douceur, de violence très forte et de crudité absolument dingue. Ma mère était une « punk » sans compromis ! Son intransigeance était dure à suivre, à vivre mais au final exceptionnelle. Elle n’est plus là depuis plus de 10 ans et des gens sont fous de son art.
Où peut-on re-découvrir ses œuvres ?
Les cofondateurs de Loeve & Co, à Paris, défendent le travail de ma mère. Pour la 14e édition de Drawing Now Art Fair, la galerie présentera une sélection de dessins inédits réalisés au cours des années 1990, jusqu’à sa disparition en 2010 à Paris. www.drawingnowartfair.com/portfolio/loeveco/
« Ma propriété́, ma matière première, mon sang, mon héritage, ma foi, merde quoi, ma religion, mon avenir, ma vérité́, ma mère bordel. C’est ma mère ! Bordel ! » Votre femme compte-t-elle réellement écrire sur votre mère ?
J’ai injecté beaucoup de vérité dans du mensonge. Ce postulat de départ est vraiment réel, mais n’a pas duré comme dans le livre. J’ai ressenti de façon épidermique et intense, le sentiment d’être dépossédé de ma mère comme d’un magot qu’on ne partage pas.
Votre épouse, Elodie Hesme, a écrit un roman « Mes chers fantômes » paru en novembre dernier. Dans votre roman, vous conversez avec des zombies. Vos soirées de couple sont d’enfer ?
Je n’y crois pas du tout, mais c’est elle qui m’a fait remarquer que j’avais un reflet sur mon portable, en ajoutant qu’il devait s’agir de ma mère. Comme mon personnage est très paranoïaque, c’était intéressant qu’il soit dépassé par la réalité. La fiction est devenue plus folle que ce qu’il avait prévu !
Êtes-vous aussi paranoïaque que votre personnage ?
Ce personnage sommeille en moi et là j’ai voulu, une fois dans ma vie, lui laisser faire une promenade. J’ai lâché le malade ! Mais dans la vie, le thermostat n’est pas à dix !
« Ma femme écrit » est une comédie. Pensez-vous l’adapter au cinéma ? Votre femme et vous-même dans vos rôles respectifs ?
Grasset, ma maison d’édition m’en a déjà parlé. Pour la mise en habits, j’aimerais de la distance et voir d’autres personnages nous interpréter. Mais, j’espère que Catherine Deneuve jouera le rôle de ma mère.
In fine, est-on propriétaire du souvenir d’un être aimé ?
Ma mère était beaucoup plus « free style » que moi et généreuse sur son image. Depuis ce livre, elle est libre de droits.
Et si on faisait le tour de son monde ?
Et si on faisait le tour de son monde ?
Mots : Servane Calmant
Photo cover : Isabelle de Borchgrave
Rencontrer Isabelle de Borchgrave chez elle, dans sa propre maison qui se veut également atelier de création et galerie d’art, c’est se frotter d’emblée à son univers. Partout du papier plissé, des tableaux plissés, des pièces de bronze or et rose plissé – « le pli, ma signature ! » -, des luminaires et des tables en verre peintes aussi, car l’artiste plasticienne et globe-scruteuse bruxelloise n’en finit jamais de se réinventer. « Free Spirit », sa nouvelle expo, invitation à faire le tour de son monde, pour preuve.
D’un garage de 1.500 m2 à Ixelles, à deux pas de Flagey, les architectes anversois Claire Bataille et Paul Ibens ont fait table rase, dégagé un jardin et une maison qui servait à abriter des calèches, puis bâti un petit bijou à l’esprit loft lumineux, qu’Isabelle de Borchgrave, l’âme volontiers hospitalière, invite à découvrir sur rendez-vous. Découvrir bien plus qu’une maison où elle vit, qu’une galerie où l’art s’expose, qu’un atelier où de jeunes artisans bossent dans une ambiance décomplexée. Découvrir un univers, vivant, singulier et diversifié à la fois, à la hauteur des multiples inspirations d’une artiste insatiable.
Parlons inspirations
En 1994, Isabelle de Borchgrave visite une rétrospective consacrée à Yves Saint-Laurent à New York, elle en sort littéralement bouleversifiée, galvanisée par une idée incroyablement originale qui va lui permettre de séduire le monde entier : concevoir des costumes de papier. Et de manière complètement artisanale qui plus est, à partir d’un papier blanc qu’elle dessine, peint, chiffonne, jette, repeint, redessine, rechiffonne si besoin, jusqu’à totale satisfaction.
De cette passion hors du commun naîtront quatre/cinq collections de 350 robes quand même, dont la collection Les Ballets Russes que l’artiste a présentée au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, en 2010, et qu’elle a l’intention d’étoffer, de terminer, tout prochainement, avec son équipe d’une petite dizaine de passionnés. « L’important, c’est de continuer à surprendre. » Surprendre, elle l’a fait, avec le plissé, la « de Borchgrave Touch », sa marque de fabrique, « j’ai passé des années à faire des recherches sur le Vénitien Mariano Fortuny, mon père spirituel (le roi du plissé – nda) ; si vous avez toute la journée à me consacrer, je vous en parle ! »
Isabelle de Borchgrave qui aime aussi interpréter des couleurs vives et intenses, « cet univers chatoyant, je l’ai puisé à la source de mes nombreux voyages, Cuba, le Mexique, l’Egypte aussi où je m’impatiente de retourner. Vous savez, je ne voyage jamais sans mon kit de peinture. Je peins partout et tout le temps (et elle nous montre ses doigts maculés de peinture). Vous souhaitez voir mes carnets de voyage ? J’en ai des centaines ! » Des carnets d’une globe-scruteuse où chaque image vaut mille mots et raconte un tableau. Y’a plus qu’à … Isabelle de Borchgrave s’enthousiasme, « ce carnet de voyage en Thaïlande, je l’avais (presque) oublié » et elle dépose un passe-partout sur une page du carnet, « le tableau, vous le voyez ? ». Mieux, il nous fait déjà voyager.
Son actu
Dans son atelier, Isabelle de Borchgrave n’arrête jamais de se ressourcer, pour mieux créer. A l’image de l’expo « Free Spirit » (du 20 avril au 20 juin) où l’artiste plasticienne s’inspire de son propre univers, de sa propre galerie, pour imaginer des objets qui permettent de s’en évader. En pleine crise sanitaire, il faut y voir une invitation à découvrir « son tour du monde », soit des tableaux plissés, des pièces de bronze plissé, mais aussi pas mal de nouveautés, comme ces tables en verre peintes à l’envers qui ont nécessité quarante couches de couleurs et quarante nuits pour que chaque couleur sèche. «Je déteste dîner à une table où je vois mes pieds », confie-t-elle avec cette tranchante ironie dont elle se départit rarement. Là encore, des lustres de plumes et des paravents japonais anciens, objets de fantasmes qui délimitent un territoire intime qui recèle bien des secrets…
Dans l’atelier d’Isabelle de Borchgrave, il y a demain aussi, qui se prépare déjà aujourd’hui. Ainsi cette boite à bijoux qui recourt au collage et au pop-up, ces robes chatoyantes en papier coloré, ces « Catrina », figures emblématiques de la fête des Morts au Mexique, … La vision-recréation de l’univers mexicain de Frida Kahlo par Isabelle de Borchgrave aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, ce sera l’événement de novembre 2022.
Free Spirit
Exposition du 20 avril au 20 juin 2021
La vie d'Adeline
La Vie d’Adeline … (chapitres 1 et 2)
Mots : Servane Calmant
Photos : Anthony Dehez
Actualité double pour Adeline Dieudonné qui s’apprête à jouer « La Vraie vie » au théâtre et bouscule le lecteur avec « Kérozène », deuxième roman drôle et féroce à la fois où la souriante Bruxelloise fustige ce que notre époque à de plus absurde. Une nouvelle claque !
Et paf !, un deuxième livre écrit pendant le confinement, au format un peu particulier… « C’est même grâce au confinement que « Kérozène » existe. J’étais occupée à écrire un autre roman, inspiré par la collapsologie, l’effondrement inévitable de notre civilisation, quand le lockdown est venu me couper dans mon élan ! Mon écriture entrait en collision avec ce que l’on était en train de vivre, je l’ai donc mis de côté. Pour m’amuser, j’ai commencé à rédiger des histoires courtes, puis j’ai tissé des liens entre certaines d’entre elles… »
Un roman mosaïque… « Kérozène » affiche en effet un format mixte, entre le roman et le recueil de nouvelles. Au cinéma, on pourrait parler de film à sketches… Bref, c’est un livre à sketches ! »
Contrairement à « La Vraie vie », où l’on identifie rapidement la protagoniste, « Kerozène » jette dans l’arène douze personnages déjantés, plus un macchabée, et un… cheval ! « Le cheval était présent dans la station-service, point de départ du roman, et comme je ne suis nullement spéciste, je lui ai accordé le même traitement de faveur que les autres protagonistes, soit une nouvelle pour lui tout seul ! »
Deux romans pour asseoir un style. La loufoquerie, l’absurde, la noirceur, une forme de lucidité très très sombre surtout, ces mots définissent-ils le style Adeline Dieudonné ? « Je vous crois si vous me le dites ! Je suis très souriante, donc les gens n’imaginent pas la noirceur qui m’habite. J’écris dans un monde que je trouve terriblement violent et brutal ; les émotions qui me traversent et qui guident ma plume sont alimentées par cette noirceur, par la désolation aussi. J’aurais pu prendre le contre-pied de ce constat, et écrire des romans d’amour. J’en ai décidément autrement. J’ai lu récemment « Comment tout peut s’effondrer » de Pablo Servigne, un ouvrage terriblement réaliste qui pose les bonnes questions : que faut-il mettre en place aujourd’hui pour anticiper demain ? Cette réflexion devrait être au cœur des politiques mises en place dès à présent ; malheureusement, il n’en est rien ! »
Adeline Dieudonné, un style qui ouvre les portes de l’imaginaire… « J’ai en effet imaginé le début de « Kérozène » comme un traveling de cinéma, qui pose d’emblée tout : le cadre et les personnages. C’est un vrai travail de concision. Tout ramener à l’essentiel et trouver les bons mots pour que les images percutent d’emblée dans la tête du lecteur. »
Parlons sexualité ! Du sexe contre-nature, du sexe non désiré, du sexe juste pour assurer la fécondité, du sexe par devoir conjugal, … « Kérozène » est un roman très sexe. « (Rire). C’est vrai. Je me suis fait plaisir en écrivant ce livre. La sexualité fait partie de mes centres d’intérêt. D’autant qu’elle est malmenée par notre société : malmenée car les rapports de domination, de prédation, nous empêchent de la vivre pleinement ; malmenée encore, car elle s’inscrit le plus souvent au sein du couple, de la famille, et que ce n’est pas dans ce cadre-là qu’elle peut forcément s’exprimer le plus librement. La manière dont mes personnages – et les gens – vivent leur sexualité, révèle d’ailleurs beaucoup d’eux-mêmes… »
Parallèlement à la sortie de « Kérozène », vous avez également une deuxième actualité, théâtrale celle-ci, avecl’adaptation sur les planches de « La Vraie vie » où vous camperez le personnage de la gamine, la narratrice… « Le livre a été adapté par Georges Lini ; moi, je ne suis que comédienne. Le dispositif de mise en scène qu’il a inventé me plait beaucoup : je suis cette jeune fille surdouée qui raconte des souvenirs, lesquels prennent littéralement vie sur scène avec l’arrivée des comédiens qui incarnent tour à tour le père, la mère, le petit frère Gilles, le glacier, tous les acteurs du roman. On a déjà du annuler les premières représentations, Covid oblige. En espérant raisonnablement pouvoir jouer la pièce dès le mois de juin… »
Votre roman, « La Vraie vie », s’est écoulé à 200.000 exemplaires, a reçu une avalanche de prix, et sera bientôt adapté au cinéma… « La réalisatrice Marie Monge (« Joueurs », nda) y travaille ! »
On termine par une question qui fâche ! Quel regard portez-vous sur la manière dont le gouvernement a géré le secteur culturel pendant cette crise ? « Définitivement, le gouvernement se fiche royalement de la culture. Fermer les théâtres était sans doute une nécessité d’un point de vue sanitaire, je ne le conteste pas. Ce que je dénonce en revanche, c’est l’absence totale de prise en considération de ce que nous représentons, nous les artistes. J’ai eu l’impression qu’ « on » n’existait pas ; « on » c’est à dire les 250 000 travailleurs du secteur culturel ! La disproportion entre l’attention apportée à la culture et au secteur des coiffeurs, pour citer un exemple frappant, est tout bonnement révoltante ! »
Une station-service, une nuit d’été, dans les Ardennes…
Sous la lumière crue des néons, ils sont douze à se trouver là, en compagnie d’un cheval et d’un macchabée. Il y a Chelly qui vient de refroidir son mari parce qu’elle ne supportait plus de le voir larmoyer sur sa vie, Loïc qui drague en groupe sur la toile, Alika la nounou philippine qui sait qu’elle n’a pas atterri du bon côté de la barrière. Y’a encore Sébastien marié à Mauricio, Olivier qui dialogue avec la tombe de sa mère, Gigi qui vomit sur sa 911, Red Appel aussi, le cheval … Il est 23h12. Dans une minute tout va basculer.« Kérozène » ou autant de destins délirants, décrits avec humour et férocité. Les situations surréalistes s’inventent avec naturel, comme ce déjeuner qui vire à l’examen gynécologique parce qu’il faut s’assurer de la fécondité de la future belle-fille. Elle ne nous épargne rien, Adeline Dieudonné : meurtres, scènes de sexe, larmes et rires. Cependant, derrière le rire et l’inventivité débordante, sa lucidité noire fait toujours mouche !
Le buzz de Dupont, la faute à Rousseau ?
Le buzz de Dupont, la faute à Rousseau ?
En interprétant un prof de philo irrévérencieux qui va bouleverser la vie de ses élèves (et in fine la sienne), le comédien belge Charlie Dupont tient l’un des rôles les plus importants de sa carrière !
« LA FAUTE À ROUSSEAU » est la série inédite de France 2 qui sera sur nos petits écrans à partir du mercredi 17 février 2021 à 21h05. Charlie Dupont y tient le rôle de Benjamin Rousseau, père largué et prof de philo qui retourne vivre chez sa mère interprétée par la célèbre comédienne française, Anny Duperey.
Cette série librement adaptée du film « Le Cercle des poètes disparus », permet à l’acteur belge de se faire la voix des philosophes qui ont fait la grandeur de la France…avec des méthodes peu conventionnelles, d’ancien punk, anticonformiste et passionné.
Charlie Dupont en 2021
- Au cinéma dans « Tokyo Shaking » d’Oliver Peyon, aux côtés de Karin Viard dont il joue le mari.
- Au théâtre dans « Les émotifs anonymes » mis en scène par Arthur Jugnot, en tournée dès que possible… Et en mai dans une trilogie de Goldoni au Théâtre National de Nice puis à la Scala (de Paris) sous la direction de Murielle Mayette (La Comédie-Française) avec Tania Garbarski et Joséphine de Meaux.
- A la télévision sur Canal+ dans « Neufs meufs » d’Emma de Caunes…
Les Belges d’ailleurs, Nathalie Jonniaux-Liesenhoff : Majorque, mon amour !
Les Belges d’ailleurs, Nathalie Jonniaux-Liesenhoff : Majorque, mon amour !
Mots : Philippe Berkenbaum
Photos : The Art Signature
Installée à Palma depuis 20 ans, elle est une figure belge de la plus grande île des Baléares. Maman de quatre enfants, Nathalie a consacré sa carrière à l’organisation d’événements, de tournages publicitaires et autres activités de com’. Mais c’est son dernier-né dont elle est la plus fière : l’agence artistique The Art Signatures, créée pour promouvoir les artistes locaux aux quatre coins du monde. Tableau en 3 actes.
Acte 1 : lunes de miel
Entre Majorque et Nathalie, ce n’est pas l’histoire d’un seul, mais de plusieurs coups de cœur. Le premier remonte à son enfance, lorsqu’elle rendait visite à ses parents qui s’y étaient installés. Le deuxième l’a conduite, devenue adulte, à s’y rendre régulièrement en vacances « pour le charme et la beauté de la grande île des Baléares ». Le troisième fut décisif. Une rencontre improbable avec Tim, un jeune médecin allemand dans une gargote isolée du nord de l’île… vite sublimée en demande en mariage. Coup de foudre. Elle a dit oui !
Les premières pages du conte de fées, le jeune couple les écrit à Berlin avant de s’installer à Munich où naîtront deux filles, Morgan et Marine. Majorque reste l’écrin de leurs vacances familiales. Mais l’appel du large devient irrésistible pour ces amoureux de la mer : les Liesenhoff choisissent de s’installer à Palma, la capitale. Deux autres enfants naissent au soleil, Logan et Océane. La référence marine n’est jamais loin.
Acte 2 : des racines et des voiles
Pendant que son mari cultive l’art de la chirurgie esthétique jusqu’à ouvrir sa clinique privée, Nathalie gère ses relations publiques et sa clientèle VIP. Elle accueille régulièrement des stars comme le réalisateur britannique Guy Hamilton (plusieurs James Bond au compteur) ou la chanteuse d’un mythique groupe pop des années 70 & 80, devenue son amie mais qui tient à garder l’anonymat. On ne la nommera donc pas.
La famille s’ancre à Palma, prend racine. Tombe sous le charme d’une finca (ferme) du 19e qu’elle transforme en mas provençal au milieu des champs, sur les hauteurs de la ville, vue imprenable sur les oliviers et l’océan lointain. Chiens, chats, chevaux, couvées… La tribu s’agrandit, la ménagerie grossit, la déco s’enrichit. En chineuse avertie, Nathalie orchestre une rénovation du nid si originale qu’il s’impose comme décor pour de fréquents tournages publicitaires (Nestlé, Nutella, Rexona, L’Oréal, Coca-Cola…).
A Palma, la Marigan – de Mari(ne) et (Mor)gan – prend des allures de place to be pour de nombreux expats et son nom s’affiche bientôt en lettres d’or sur le fronton de deux autres musts du paysage local : un voilier de course et un palais privé du 19e.
En 2003, le couple acquiert en effet un fier coursier tout de bois et cordages dessiné en 1898 par le Britannique Charles Livingstone et entièrement remis à neuf. Taillé pour l’America’s Cup, il collectionne les trophées au large des Baléares et de la Côte d’Azur. Tim à la barre, Nathalie – parfois – et l’un ou l’autre enfant du couple – souvent – à la voile. Avis aux amateurs, ce sloop vintage est aujourd’hui en vente.
Acte 3 : toute la beauté du monde
Le palais, lui, fut achevé en 1803 sur ce qui deviendra la Rambla, la principale artère du centre de Palma. Dessiné par l’architecte Guillermo Torres, amateur de grands peintres et fondateur de l’Académie des Beaux-Arts locale. Devenu un hôtel de maître privé un brin décrépit, c’est dans ses murs rendus à leur lustre d’antan que les Liesenhoff installent leur clinique en 2010. « La chirurgie plastique est un art, d’accord, mais un tel lieu ne pouvait se limiter à accueillir des patients, même fortunés », sourit Nathalie. « L’idée s’est dès le début imposée de l’ouvrir au monde extérieur pour y organiser des événements en tous genres. »
Réceptions, défilés, tournages, expositions, lancements commerciaux… Le tout Palma défile à la clinique Marigan de jour comme de nuit, les uns pour se refaire une beauté, d’autres pour profiter de celle de cet endroit hors du temps. La maîtresse des lieux en profite pour enrichir son carnet d’adresses et devient l’une des figures belges de Majorque – impossible de l’accompagner en ville sans croiser quelqu’un qui la salue joyeusement dans l’une des 5 langues qu’elle pratique couramment.
Vient un jour la trouver le sculpteur majorquin renommé Joan Costa, qui lui demande d’organiser en ces murs une expo de ses œuvres. Encore un coup de foudre – « artistique s’entend », précise-t-elle. La proximité est telle que l’artiste veut faire d’elle son agent. « Un agent à l’ancienne, pas un galeriste qui se soucie surtout de la cote de son poulain »,souligne Nathalie. « Quelqu’un qui est à ses côtés dans les bons et les mauvais moments pour le soutenir, le conseiller, l’orienter, soigner son image et lui permettre d’exercer son art en ayant toujours une oreille attentive pour l’aider en cas de besoin. Même au milieu de la nuit. » Une meilleure amie, une confidente. « Et un pont entre lui et l’acheteur qui ne le connaît pas encore. »
Épilogue : au sommet de son art
Le maître en a attiré d’autres, le bagout de Nathalie a fait le reste. Ainsi a démarré sa dernière aventure. Créée voici 3 ans, son agence The Art Signatures défend aujourd’hui les intérêts de 26 artistes peintres, sculpteurs, photographes ou vidéastes originaires des Baléares, d’Espagne ou d’ailleurs. Baseline : ‘Avant-gardiste, humaniste, innovante, internationale’. Le concept est novateur puisqu’elle ne se contente pas d’organiser des expositions sur l’île et le continent – dernière en date dans la galerie du fondateur d’Art Basel Center en Suisse, en plein covid –, mais aussi des minitrips pour collectionneurs d’art.
Outre un programme axé sur la découverte des merveilles et de la gastronomie majorquine, ces visiteurs avertis bénéficient d’un accès exclusif aux ateliers d’ordinaire fermés au public. Nathalie pilotait encore récemment le mannequin et égérie de Chanel Candida Bond, qui a acheté deux œuvres à ses poulains dans l’intimité de leurs ateliers. La suite du roman reste à écrire, avec ce qu’il faut de dramatisation. Frappé par la crise sanitaire et la mise en rouge de l’Espagne et des Baléares, le monde de l’art est tétanisé et Nathalie traverse une période difficile. Mais elle garde la foi. « J’aime les artistes pour leur côté vrai, pur, souvent brut de décoffrage. Ce sont des passeurs de messages, des rêveurs qui font rêver », conclut-elle. Les siens, de rêves, restent intacts.
Ses trois adresses secrètes
- L’hôtel Bendinat
« Pour son délicieux restaurant et la vue extraordinaire, j’y vais depuis 25 ans quand je veux déstresser. »
www.hotelbendinat.es
- Gran Folies Beach Club
« Pour le cadre, l’ambiance, le resto et surtout la classe de yoga donnée par la yogi master Paula Cavalieri, petit déjeuner sain en prime. »
https://beachclubgranfolies.com/es/inicio
- Es Trenc
« La plus belle plage de Majorque, des kilomètres de sable blanc, avec le plus sympa des chiringuitos (buvettes) de l’île. Pour un cocktail de rêve au coucher du soleil. »
@chiringuitodelmedioestrenc
Souvenirs sucrés de leur enfance…
Souvenirs sucrés de leur enfance…
35 célébrités belges ont confié à Nicolas Gaspard le souvenir sucré de leur enfance. Pour les nostalgiques gourmands, le chef pâtissier Jean-Philippe Darcis les revisite tous en saveur. Résultat : « Souvenirs sucrés de leur enfance », un délicieux livre paru chez « Renaissance du livre ». On en a l’eau à la bouche !
Qu’on en commun Alec Mansion, Alice on the Roof, André Lamy, la regrettée Annie Cordy, Axelle Red, Benny B, Bouli Lanners, Charlie Dupont, Deborah François, François de Brigode, François Pirette, Fréderic François, Jacques Mercier, Jean-Luc Fonck, Jérôme de Warzée, Lara Fabian, le Grand Jojo, les frères Taloche, Lio, Loïc Nottet, Maureen Dor, Mustii, Olivier Minne, Patrick Ridremont, Philippe Geluck, Pierre Kroll, Plastic Bertrand, Richard Ruben, Salvatore Adamo, Sandra Kim, Sandrine Corman, Saule, Tania Garbarski, Typh Barrow, Véronique Gallo ? Ces 35 artistes et célébrités belges ont confié un souvenir sucré qui a marqué leur enfance à Nicolas Gaspard. Et lorsque le journaliste parle de son idée de rassembler ces souvenirs pour en faire un livre, à Jean-Philippe Darcis, le résultat nous plonge dans de savoureuses confidences.
« Si je n’ai pas un lacquemant une fois par an, la vie n’a aucun sens », déclare le caricaturiste Pierre Kroll. La foire d’octobre ayant malheureusement été annulée pour raisons sanitaires, on se consolera en tentant de reproduire cette spécialité liégeoise fabriquée traditionnellement par les forains.
Ça ira mieux demain ! On apprend qu’Annie Cordy, la plus optimiste et joyeuse artiste belge qui nous a quittés cette année adorait le baba au rhum. Pas spécialement pour le rhum précisait-elle avec rires !
Banana Split, c’est le dessert que sert l’abominable homme des neiges de Lio mais la mousse au chocolat est la valeur sûre de la brune qui ne compte pas pour des prunes ! « Ma maman faisait ce dessert quand nous recevions à la maison. Depuis, j’ai mangé dans des restaurants 3 étoiles et je n’ai jamais retrouvé une aussi bonne mousse » précise la chanteuse.
Acclamé comme chanteur et connu aussi pour son rôle dans la Trêve 1, Thomas Mustin alias Mustii, craque pour la reine de Saba, une sorte de moelleux au chocolat ultra simple à réaliser.
D’autres confidences nous donnent l’eau à la bouche, mais s’il y a bien un plaisir addictif, c’est celui de François Pirette, l’humoriste préféré des Belges : les lards au chocolat !
En vente en librairie et sur www En.livre-moi.be
Roy Lichtenstein, visions multiples
Roy Lichtenstein, visions multiples
Photos : Roy Lichtenstein - BAM
Le Musée des Beaux-Arts de Mons (BAM) accueille l’une des plus importantes figures de l’art du XXe siècle : Roy Lichtenstein, un des maîtres du Pop Art américain ! L’exposition intitulée « Visions Multiples » présente une centaine d’œuvres (estampes, sculptures, tapisseries, bannières…) parmi les plus emblématiques. On s’en réjouit !
Le confinement partiel du pays avait contraint le BAM a annulé l’exposition consacrée, cet automne, à l’une des plus importantes figures de l’art du XXe siècle : Roy Lichtenstein. Good news, suite à l’annonce par le Comité de Concertation de la réouverture des musées, nous aurons le plaisir d’admirer les œuvres d’un des maîtres du Pop Art américain jusqu’au 18 avril 2021 !
À travers une centaine d’œuvres (estampes, sculptures, tapisseries, bannières…) présentées en un parcours rétrospectif lié aux thématiques chères à l’artiste (objets, figures féminines, bande dessinée), le public est invité à découvrir une variété de techniques absolument surprenante.
Cette exposition exceptionnelle révèle, à travers un étroit dialogue entre les multiples recherches autour des procédés de reproduction mécaniques et les thématiques chères à Roy Lichtenstein, comment des éléments de cultures diverses se rejoignent dans son travail pour être traités avec la touche pop caractéristique de son langage personnel.
Véritable réflexion sur la société́ de consommation, le questionnement de Lichtenstein sur la reproductibilité́ mécanique des œuvres d’art, dont il a peut-être été l’interprète le plus sophistiqué, l’amène à s’inspirer de la publicité́ et de ses productions industrielles. Il s’intéresse ainsi à̀ ce qui serait normalement considéré́ comme les pires aspects de l’art commercial, créant par exemple des peintures à l’apparence froide et unifiée, allusion humoristique à la société́ de consommation et à la grande distribution.
Reconnaissable au premier coup d’œil, son art a attiré et influencé des générations de créateurs, de la peinture à la publicité en passant par la photographie, le design et la mode.
Clotilde Ancarani épate la galerie
Clotilde Ancarani épate la galerie
Mots : Marina Laurent
Photos : Mireille Roobaert
Tantôt sculptrice, tantôt peintre, Clotilde Ancarani est avant tout une artiste bruxelloise dont le talent ne cesse de se décliner, en ce compris sur de magnifiques pièces de mobilier. Si vous ne la connaissez pas encore, l’occasion vous est offerte de la découvrir lors de l’exposition qui lui est consacrée chez Arthus Gallery, Place du Châtelain, dès ce 1er octobre. En attendant, elle nous ouvre les portes de son splendide atelier, à un jet de pierre de l’ULB.
Belle, grande et distinguée, Clotilde nous accueille en cette matinée ensoleillée dans la cour qui borde l’entrée de la maison où elle travaille, entrepose et s’expose au regard des collectionneurs ou des professionnels qui déjà se passionnent pour elle. Au rez-de-chaussée de la maisonnée, des dizaines de sculptures patientent sous des peintures de grands formats de couleurs tantôt vives, tantôt sobres mais où toujours percole une touche de rouge. D’emblée, son allure fine tranche avec ses œuvres immenses. Le détail a son importance car c’est là que réside la clé pour comprendre l’essence de son travail, la contradiction ou l’opposition entre ses « sujets » – tous empreints de fragilité naturelle – et le traitement qu’elle leur impose en recourant à des matières lourdes, froides et âpres à travailler. A l’arrivée, une alchimie que l’on pourrait qualifier « d’oxymorienne » tant elle évoque la fragilité féminine du sujet perçue par nos yeux et la dureté et le poids masculins ressentie par nos mains. Symboliquement, ce n’est pourtant pas de l’homme et la femme dont il est question mais uniquement de cette dernière, celle avec un grand F, toutes ces femmes qui à la fois donnent la vie, construisent des carrières, des couples et des familles et qui, alors qu’elles paraissent plus fragiles que les hommes, se révèlent bien plus fortes qu’eux. Pas de revendication « féministe » encore moins conceptuelle derrière son travail, au contraire, Clotilde est une instinctive pour qui l’esthétique est capitale. Déambulant à présent entre les œuvres, elle déroule pour nous le fil de sa création, au départ des sculptures en forme de gouttes d’eau – inspirées par le ventre des femmes enceintes – avant de se lancer dans des « Robes » en bronze de toutes tailles et d’enchaîner ensuite sur des éventails. Plus tard, l’artiste ressentira le besoin de s’attaquer aussi à la peinture, une expression en 2D cette fois mais qui lui permettait de poursuivre plus loin son exploration de la couleur et de la lumière. Dans ses toiles, souvent de grand format, Clotilde Ancarani incorpore par petites touches des éléments naturels (sable, papier, bois, sciure…) et même des petits bouts d’elle-même, comme la dentelle de son propre voile de mariée ou celle de sa grand-mère.
Mais qui dit « femme » dit « vie » mais aussi « nature » et c’est ainsi que Clotilde Ancarani se lançait des années plus tard dans les motifs végétaux en s’accaparant tout d’abord une feuille de Ginkgo – l’arbre de vie- pierre angulaire d’un travail sculptural qui cette fois se déclinera en mode « fonctionnel », des tabourets, des tables mais aussi des luminaires et des chandeliers, qui s’enrichiront par la suite d’autres motifs tels les écorces, les branches, des papillons ou des oiseaux. Des œuvres utiles certes mais non moins sublimes et l’on reste coi devant les différents traitements qu’elle réserve au bronze, tantôt étincelant de mille feux, tantôt poli comme du vieux cuir de Russie, là aussi, Ancarani épate la galerie. Et si l’artiste milite pour un droit à vivre « au milieu du beau », pas question de se trahir pour autant, ses pièces sont créées en un nombre limité, 8 exemplaires maximum.
Après avoir été exposée au PAD ou au Design Miami Basel l’année dernière, Clotilde Ancarani exposera une cinquantaine d’œuvres à Bruxelles, l’occasion de découvrir ou redécouvrir cette artiste confirmée qui peint comme elle sculpte et sculpte comme elle peint.
www.ancarani.com
www.arthusgallery.com
Hangar envoie du lourd !
Hangar envoie du lourd !
Mots : Servane Calmant
Photo Cover : Simon Leloup
Piloté avec enthousiasme par trois jeunes entrepreneurs Bruxellois, Thibaut Ickx, Marvin Weymeersch et Cameron Heal, Hangar réussit son pari de fait bouger la Capitale en orchestrant des soirées techno blindées. La clé du succès ? Combiner un line-up de DJs internationaux, des sites indus et un lightshow époustouflant. De quoi épater même les moins férus de techno.

Thibaut Ickx, Marvin Weymeersch et Cameron Heal et ont entre 25 et 30 ans, comme leur public. Aucun d’entre eux n’est né à Detroit dans les années 80. Pourtant, la techno, ils en connaissent un rayon. Où s’est produit le bug temporel ? Parlons plutôt d’un déclic : une soirée festive à Barcelone, la ville qui accueille depuis 26 ans le festival de musique électronique Sonar… De retour d’Espagne, Thibaut Ickx transmet son envie de faire bouger Bruxelles à Marvin Weymeersch et Cameron Heal, les organisateurs des soirées Donuts.
Réunis dans un projet commun, les trois jeunes entrepreneurs vont peaufiner leur concept de soirées techno indoor et lancer leurs premières invitations en septembre 2018. 2000 raveurs se pressent à Key West, un ancien site industriel à Anderlecht. A ce premier coup d’envoi de Hangar, vont suivre six autres éditions dont la septième, en février 2020 qui a réuni 3800 fêtards et fait carton plein.
Hangar sait y faire et convainc en combinant un line-up international (Apparat, Agents of Time, …), des warehouses qui pimentent l’invitation, un foodmarket de qualité et une ambiance underground « avec un max de confort quand même », précise Thibaut Ickx. Et si le concept déplace les foules, c’est aussi parce que chaque rendez-vous est visuellement époustouflant, dopé par des projections laser maîtrisées de main de maître par la société belge Laser System Europe qui gère l’infrastructure technique des soirées. Pour fêter leur première année d’existence, Hangar a offert à son public, en première mondiale, un show cymatique (où le son crée la forme) qui en a scotché plus d’un/e. On confirme : Hangar envoie du lourd !
Se réinventer
La 8e édition de Hangar devait se tenir le 31 avril 2020 ! Aïe. Le confinement ! « Hors de question de rester les bras croisés, au moment où Hangar devenait une référence pour les noctambules … », explique Thibaut Ickx. Aucun rassemblement de masse n’étant autorisé jusqu’à nouvel ordre, le trio a décidé de se réinventer en proposant des livestreams caritatifs en collaboration avec Charles Kaisin (dans le cadre du projet #origamiforlife, au Kanal-Centre Pompidou, lire p.) et Denis Meyers, pour un live painting dans l’église du Gesù à Bruxelles. Livestream impressionnant encore, avec l’artiste Colyn au cœur de la Grand-Place de Bruxelles, afin de récolter des fonds pour les hôpitaux Iris …
En moins de deux ans, le trio gagnant a réussi à remettre la techno au goût du jour et à faire bouger Bruxelles. Et demain ? «On espère pouvoir programmer Maceo Plex ou Bicep, lors d’une prochaine soirée Hangar ! Et on va commencer à travailler d’arrache-pied à exporter le concept Hangar à l’étranger. », conclut Thibaut Ickx. To be continued …